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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNES D’ESPAGNE EN 1810,'1811 ET 1812.

Junot à droite, Reynier à gauche, Ney au centre soutenu par Monthrun.(effectif 54,5oo hommes).

Les 6 e et 2" corps pénétrèrent de vive force dans Celorico. Là, au lieudésengager dans la roule directe eide forcer, pour gagner Goïmbrc, lesaspérités de la Serra-Eslrella, ils passèrent la rivière et pointèrent surYiseo , flanqués par le 8“ corps qui les côtoyait en présentant son frontaux milices des provinces septentrionales. On tournait Wellington parsa gauche; mais, loin de se déconcerter, il suivit avec son centre et sagauche le mouvement des Français , et se porta sur la Serra-d’Alcobaqui encaisse la rive droite du Mondego. La lenteur de Massena que re-tardaient les convois et les inouvemens de Trant, lui permit de saisirle premier les montagnes de lhtsaco, plateau long de deux lieues appuyépar la droite au Mondego, assis sur des rochers de granit de aoo piedsd’élévation, traversé par les deux chemins de Yiseu à Coïmbre .

La possession de cette forteresse naturelle était capitale : il fallut la luidisputer. Mais, au moment de l’attaque, il fut inopinément renforcé parson aile droite, et réunit à l’avantage de la position celui du nombre^Deux colonnes montèrent à l’assaut : Ney à droite, Reynier à gauche.Junot et la cavalerie, que la circonstance rendait inutiles, se tinrent enréserve. On échoua : les Anglais culbutèrent les têtes de colonnes commeclics cherchaient à se former sur la Crête du plateau. Ils mirent hors decombat 4ooo hommes et décidèrent le général en chef à recourir à d’au-tres combinaisons.

Le lendemain, en se masquant par de fausses attaques, il se jeta parla droite dans un chemin de traverse qui rejoint la grande route d’Oporto à Coïinbre. Wellington s’en aperçut trop tard pour déboucher de soncamp et lui faire obstacle, il n’avait plus qu’à se hâter de le prévenir surla route de Lisbonne . La droite, le centre des Anglo-Portugais obliquè-rent en arrière , la gauche passa par Coïmbre pour faire face à l’avant-garde française et couvrir la retraite. Malgré leur précipitation, ces co-lonnes eussent peut-être été disloquées si le désordre ne se fût mis àCoïmbre dans les rangs français .

Junot entra le premier dans cette ville que les habitans avaient aban-donnée. Ses soldats se livrèrent au pillage et il ne fallut pas moins dequatre jours pour se remettre en état de marcher. On 11’était plus qu’àG ou 7 journées de Lisbonne. L’armée brûlait d’atteindre les Anglais , devenger l’échec de Busaco ; elle sortit de Coimbrc, et, 48 heures après,elle arriva à Leyria. C’est là que l’on apprit qu’il fallait renoncer à l’es-poir de livrer bataille: on sut que 1 ennemi avait élevé à grands frais,dansles lignes de Torrès-Vedras, un vaste camp retranché; on comprit qu’ilvoulait traîner la guerre en longueur, qu’on allait se trouver en présence