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GUERRES DE LA REVOLUTION,
fort de Drouet. Enfin, le ministère anglais était sorti victorieux de lacrise qui l’avait ébranlé. On n’avait plus de motif pour rester en vue deLisbonne ; Massena se résigna à donner l’ordre de la retraite. Il combinases premiers mouvemens de manière à laisser Wellington dans le doutes’il passerait le Tage à Punbète,s’il suivrait les chemins de Caslelbranco,s’il chercherait à livrer la bataille; ou si, en portant toutes ses forces sursa droite par un changement de front, l’aile gauche en arrière, il nesaisirait point la route de Coïmbre . Pendant que l’ennemi le cherchaitavec anxiété dans ces quatre directions, il prit habilement la dernière.Junot s’échelonna derrière le 6' corps, et, flanqués l’un et l’autre par Rey-nier qui s’engagea dans le chemin latéral de Thomar, ils se rapprochè-rent du Mondego.
Wellington, irrité de sa mépriso, rassembla ses colonnes éparses etlança 3o,ooo hommes à gauche dans le dessein de déborder Ncy, de leprévenir à Coïmbre. La tête de colonne atteignit en avant de Pombal ledernier bataillon français; elle le poussa vivement, le chassa de la villeet s’y établit. Noy résolu à ralentir cette ardeur, fit alors faire à sa troupevolte-face et reprit Pombal avec une telle vigueur, que même aprèsque la ville fut évacuée , les Anglais hésitèrent à y pénétrer de nouveau.Deux jours après, ils abordèrent encore l’arrière-garde près de Redinha.La rencontre était périlleuse, l’armée entière, engagée dans un long dé-filé , encombré de voitures, n’avait de retraite que par le pont deRedinbaqui traverse un affluent de la Soure . On était exposé à une effroyable dé-route, à moins de défendre l’entrée du vallon jusqu’à ce que la file desvoitures se fût écoulée. Ney s’y dévoua; il prit une de ses divisions, et,le ravin à dos, il soutint le choc des 3o,ooo ennemis jusqu’à ce que lepassage fût déblayé. Alors, au pas de course , il franchit le ruisseau pourreprendre ses rangs derrière une autre division qui l’attendait sur la hau-teur opposée, couverte par une batterie. Comme les assaillans s’ébran-laient , croyant profiter de son désordre apparent, un détachement, placéen embuscade, les chargea par le flanc, en même temps qu’ils furentcriblés de front par un feu roulant. Us évacuèrent précipitamment lechamp de bataille et laissèrent les Français s’éloigner paisiblement. Maisla situation s’était singulièrement compliquée. Coïmbre était occupe parles miliciens du nord, le pont do Mondego était rompu, les maisonscrénelées, et il eût fallu pour forcer le passage plus de temps que n’eulaissait la proximité des Anglais . C’était encore une des funestes consé-quences du partage du commandement. Drouet, qu on n avait pointmis sous les ordres de Massena, se retirait pour son compte; il avait re-fusé de s’arrêter à Coïmbre et l’armée était perdue si elle eût été moinsaguerrie. On n’hésita point, on changea de front en pivotant sur l’aile