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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNES D’ESPAGNE EN 1810, 1811 ET 1812. S09

droite, et l’on gagna Miranda-del-Corvo, où le G° corps prit position demanière à déconcerter les efforts de l’ennemi qui tenta de déborder sesdeux ailes.

Désormais la retraite était directe ; mais, de Miranda à Celorico , laroute est entrecoupée de ravins et forme une suite de périlleux défilés.Ney fit face à tous ces dangers;il sut partout imposer à l’ennemi. Toute-fois, au passage de la Ceira, à Fox-d’Arunce , il ne put éluder l’action,où, par un hasard peu commun, les deux partis lâchèrent pied en mêmetemps. Le brave maréchal eut le premier rallié sa troupe, il détruisit lepont et se mit en sûreté sur l’autre rive. On parvint de la sorte, sansautre perte que quelques prisonniers, aux bords du Mondcgo, où l’on fithalte. On recula ensuite jusqu a la Guarda, point culminant des monta-gnes. Là, Massena donna l’ordre de rentrer sur-le-champ en opérations.Il pressentait que Wellington allait profiter de sa position centrale pourrompre tour-à-tour les colonnes morcelées qui menaçaient le Portugal , etpour prévenir un succès que tant d’exemples rendaient présumable, ilvoulait courir au Tage et se lier avec le 5° corps. Mais il avait perdu20,000 honuncs, mais l’artillerie était complètement désorganisée, maisles troupes harrassées demandaient quelque repos. Il fut contraint de re-noncer à ce dessein si bien conçu, et, comme Ney s’y était vivement op-posé, il crut devoir malgré ses glorieux et récens services, lui retirer soncommandement dont il investit provisoirement Loison. Résolution fu-neste : on plia jusqu’à la Goa, et les allies ayant forcé le passage de cetterivière à Sabugal près d’Ahneida, on se réfugia sous le canon de Ciudad-Rodrigo ;puis, chassépar i’épuisement de la contrée, on prolongea lare-traite jusqu’à Salamanque .

Cependant Wellington, selon que Massena l’avait prévu, laissa sonaile gauche sur la Coa et, avec son centre, il passa le Tage pour secon-der son aile droite qui, réunie aux Espagnols , s’avançait contre l’ar-mée du midi. L’état des affaires lui ayant paru satisfaisant de ce côté, ilrevint rapidement sur ses pas et investit Almeida.

De son côté, Massena, brûlant de prendre sa revanche, après avoirtiré de l’armée du nord quelques secours en artillerie et cavalerie, serapprocha de la place à la tête de 3o,ooo hommes dans le dessein de laravitailler. Il n’y réussit point. Les Anglo-Portugais (.5o,ooo) se formè-rent sur un plateau compris entre la Goa qu’ils avaient à dos, et l’un deses affiuens. La position n’était abordable que par leur droite et, pours’y déployer, il fallait enlever brusquement un défilé formé par le villagede Fuentès-dc-Onoro. La victoire sur ce point eût acculé l’ennemi à larivière et aux remparts d’Almcida. Mais il ne sut saisir ni le lieu, ni lemoment et l’on dut alors regretter amèrement le départ de Ney. Le