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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNES D’ESPAGNE EN 1810, 1811 ET 1812. 401

Montbrun et Dorsenne s’étaient éloignés : l’un pour contenir la Navarre ,l’autre pour seconder la conquête de Valence^ Wellington investit brus-quement Ciudad-Rodrigo . Les travaux furent poussés avec vigueur. Aubout de neuf jours de tranchée, les assiégeans donnèrent l’assaut ets’emparèrent de la place, où ils laissèrent une forte garnison espa-gnole.

Après cette heureuse opération , dont le résultat paralysait l’arméefrançaise, Wellington, comme pour la défier de lui disputer sa conquête,rentra dans son camp, où il resta jusqu’au mois de mars. Ce fut alorsqu’il retourna sur la rive gauche du Tage pour assiéger et prendre Bada-joz . Au lieu de renouveler sa manœuvre de l’année précédente qui, d’ail-leurs , eût été contrariée par la perte de Ciudad-Rodrigo , Marmont ima-gina de faire diversion en envahissant le Portugal . Mais il s’y prit troptard: ses excursions sur la Coa, sur Castel-Branco , ne troublèrent pointson adversaire qui, après la réduction de Badajoz , revint à Almeida et lerefoula dans ses cantonnemens sur la Tormès.

Les remparts de Badajoz, de Ciudad-Rodrigo devaient désormais arrê-ter en tête les deux colonnes qui avaient tenté l’invasion du Portugal .Pour fixer le sort de la campagne, il suffisait de rompre entre elles toutecommunication en interceptant le seul passage du Tage , où l’on eût con-servé un pont. Iîill avec l’aile droite de l’armée alliée, tandis que le gé-néral en chef imposait à Marmont, en se montrant prêt à déboucher del’Agucda, obliqua à gauche en arrière, traversa la Guadiana près de Me-dellin et parut inopinément à Almaraz , où une double tête de pont cou-vrait un pont de bateaux défendu par 5oo hommes. Le retranchementde la rive gauche fut vigoureusement enlevé, l’autre aussitôt se rendit.Les vainqueurs détruisirent le pont, l’artillerie, les travaux et revinrent àleurs rangs.

Wellington, maître déporter son effort contre Soult ou qo tre Mar-mont, n’hésita point. Animé de l’espoir de délivrer d’un seul coup l’Espa-gne , il franchit l’Agueda , et en quatre jours il conduisit 5o,ooo hommessous les murs de Salamanque .

Les choses avaient bien changé depuis deux ans que durait cettepériode de guerre. L’armée alliée s’était aguerrie, ct3o,ooo hommes, en-voyés de l’Angleterre, à diverses reprises, avaient plus que comblé sesvides, tandis que le recrutement des corps français n’avait jamais étéen proportion de leurs pertes. En outre, à ce moment, les apprêts de l’ex-pédition de Russie avaient rappelé la vieille garde, la cavalerie, un grandnombre de soldats d’élite et la plupart des généraux. Ces déficits, cesmutations dans les cadres et le commandement, avaient énervé l’année

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