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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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402 GUERRES DE LA. RÉVOLUTION.

déjà fatiguée d’une lutte lointaine, dont il n’était plus donné d’entrevoirle terme.

A l’approche de son adversaire, Marmont se replia sur la rive droitede la Tormès, et manœuvra pour soutenir trois couveus fortifiés qui dé-fendaient le pont de Salamanque . Mais, réduit à 22,000 hommes, il 11efut point assez fort pour empêcher les Anglais de les assiéger et de lesprendre. Alors il recula jusqu’au Ducro, où il prit position sur la rivedroite entre Tordesillas et Palos, appelant à son aide l’année du centreet la division Bonnet, qui était rentrée depuis long-temps dans les Astu-ries . Lorsque ce dernier général l’eut rejoint, avec 8000 hommes, ilcrut pouvoir revenir à l’attaque. Après avoir habilement trompé les alliéspar ses démonstrations à Toro, il se concentra rapidement vers Torde-sillas , cl déboucha " w sur leur extrême droite qu'il repoussa rudemeut.Aussitôt les deux armées se formèrent en masse et se mirent à marchervivement : l’une par sa droite, l’autre par sa gauche, vers la Tormès.Elles se côtoyèrent ainsi pendant trois jours et se trouvèrent dui ant unejournée entière, à portée de canon. Mais les deux généraux crai-gnaient d’engager également la mêlée. Marmont prétendait gagner de vi-tesse, déborder les Anglais et s’asseoir sur leur ligne de retraite. Welling-ton s’efforcait d’appuyer sa ligne de bataille sur les forts de Salamanque .Le maréchal passa le premier la Torinès, à trois lieues au-dessus de la ville,et s’étendit par sa gauche jusqu’à la grande route de Ciudad-Rodrigo ;mais Wellington, traversant Salamanque , prit position sur une chaîne dehauteurs qui bordent la rivière. La bataille était inévitable, et elle pou-vait avoir pour résultat de culbuter les vaincus dans la Tormès. Ondevait forcément manœuvrer : les Anglais par leur droite pour dégagerla route , les Français par leur gauche pour la fermer, et lo pivot desdeux armées était un groupe de mamelons appelés Arapilcs situés près duvillage du même nom.

Le22 juillet, à l’aube, l’armée française s’ébranla. Bonnet saisit leplus élevé des Arapilcs. Marmont y plaça sur-le-champ du canon, etforma ses colonnes de manière à changer de front, l’aile gauche en avant.Ce début eût sans doute décidé de la victoire si les divers éléniens del’armée eussent eu entre eux cette liaison parfaite que donne une longuehabitude. U n’en était point ainsi : on manœuvra sans ensemble. Lesdivisions de la gauche, au lieu de mesurer leurs pas sur ceux du centre,s étendirent témérairement et laissèrent vide un large intervalle dontWellington profita pour y pousser ses colonnes. Comme Marmont s’ap-prêtait à parer le coup, il fut grièvement blessé et enlevé du champ debataille. Bonnet prit sa place et fut presque aussitôt mis hors de combat.Il y eut indécision parmi les généraux divisionnaires. L’aile gauche fut