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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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*»0G GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

munications rend les ressources rares et précaires. Aux atteintes de la di-sette il faut ajouter celles d’un climat qui passe presque sans transitiond’un été pestilentiel au plus rude laver. Enfin le despotisme est là plusâpre, plus inflexible que la nature elle-même. Le despotisme qui, selonMontesquieu , se défend en sacrifiant une partie du pays, en ravageant lesfrontières, en se faisant un rempart de ruines.

Le front attaquable embrassait, de la mer Baltique aux confins de laMoldavie , une étendue de aoo lieues. Elle était flanquée: à droite parles armées de l’empire ottoman ; à gauche par la Suède qui, gouvernée,depuis deux ans, par un général français devait saisir cette occasion défairerevivre d’anciens droits sur des provinces dont la perte remonte auxdésastres de Charles XII . Mais il y eut, dès le début, un double mécompte.Bernadotte traita avec l’Angleterre et le grand-visir signa à Bucharest un armistice que le sultan ratifia dans le cours de la campagne. Cesfunestes contre-temps, rétrécissant à l’égard des Russes le théâtre de laguerre, leur permirent d’opposer toutes leurs troupes à l’effort de lagrande-armée.

La partie de la frontière qui se trouvait menacée est couverte par laforêt de Bialowèse, par les marais de Pinsk et par le cours du Niémen .Celte dernière portion, comme plus accessible, devait être plus particuliè-rement considérée par la défense. Elle était d’ailleurs forcément le frontd’opérations des Français qui avaient pour bases les forteresses delaBasse-Yistule et de la Pregel,

Depuis Grodno jusqu’à son embouchure, le Niémen est traversé parles grandes communications entre l’Allemagne et la Russie . Les chaus-sées de Kccnigsberg et Warsovie à Pétershourg et Moscou , se croisent àWilna près du sommet de l’angle droit que forme son cours, d’où il ré-sulte que Wilna devait être le centre des dispositions de l’ennemi. Auxpremiers mouvemens des troupes d’invasion , Barklay de Tolly comman-dant en chef la première armée y porta son quartier général. La droite,aux ordres de Wittgenslein ( 4 o,ooo), s’établità Rossienyet Keidany pourcouvrir les avenues secondaires de Pétershourg. La gauche sous Doctorof(27,000) se mit,entre Grodno et Lida,à cheval sur les routes secondairesde Moscou , éclairant le fleuve par les cosaques de Platof (7000). L avant-garde (16,000), général Baggowout , occupa Kowno ; enfin le centre(70,000) prit position autour de Wilna.

Cette armée, forte de 160,000 hommes, s’appuyait à droite sur lesplaces de Riga et de Dunabourg , où 40,000 hommes de garnison étaientrenfermés, et sur un vaste camp retranché, élevé à grands frais près deDrissa en avant de la Dwina. Elle était flanquée à gauche par la secondearmee( 5 o,ooo), général en chef Bagration, qui prit entre Bug et Niémen ,