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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1812 . U 1

d’autre ressource que de se jeter dans les rangs de Bagration qu’il ren-contra à Nikolaew en pleine marche pour Wilna. Lorsque le prince russeapprit que les troupes françaises occupaient les débouchés de la vallée dela Wiliaet peut-être Minsk , il fit aussitôt volte-face pour gagner, à pasredoublés, d’abord Nesvich puis Mobilew. Mais il marchait entre deux pé-rils, et c’est alors qu’il était au moment de subir les conséquences descombinaisons de Napoléon.

Sa ligne de retraite se croisait à Koreliczi avec la route par laquellele roi do Weslphalie avait ordre de s’avancer vivement. Si Jérome se fûtbien pénétré des vastes combinaisons de son frère, s’il eût été animécomme lui de cette ardeur qui se joue des obstacles, il eût devancéles Russes à Koreliczi, il les eût acculés au Niémen ou aux défilés de laforêt de Minsk et peut-être le sort de la campagne eût-il été fixé. Maisles Russes étaient déjà protégés par leur sol et leur climat. Le jour même,où Eugène et le roi de Westphalie passèrent le Niémen , un orage violentchangea subitement la température, inonda de pluie ce pays où les eauxn’ont point d’écoulemens, défonça les chemins, arrêta la marche desconvois, qui transportaient une quantité prodigieuse d’approvisionne-mens et de munitions.

La disette se fit sentir, 3 o,ooo traînards se répandirent sur les routes,nombre de chevaux périt, et l’on fut obligé de laisser en arrière ioopièces de canon. Là où s’étendait le commandement de l’empereur, ledésordre fut à l’instant réparé; les vivres arrivèrent en remontant le Nié-men , puis laWilia; Wilna reçut d’immenses magasins, enfin la troupe re-prit scs rangs. Mais hors de la portée de son coup-d’œil, le contre-coupde ces incidens funestes se fit sentir et fut irréparable. Jérome n’avançapoint, et Bagration eut la joie de trouver libre ce passage, où il étaitexpose à déposer les armes ; il s’éloigna rapidement par la route deGlusk.

Napoléon irrité donna à Davout le commandement général des forcesqui opéraient dans le palatinat de Minsk , et remplaça par Junot le roi deWestphalie qui refusa de se subordonner au maréchal. En même temps,il prescrivit à l’armée saxonne de changer de postes avec les auxiliairesautrichiens dont les divisions attendaient le choc de Tormasof dans leslignes du Muchawetz, de la Pina et de la Iasolda.

Cependant, Barklay, débordé par Murat, céda le terrain. Après avoirrallié Wittgenstein à Widzy, puis, io lieues plus loin Doctorof, il passala Dwina à Dunabourg et Druja. Après quoi, laissant Wittgenstein àDunabourg , il se renferma dans le camp de Drissa avec environ 80,000hommes. A l’extrême gauche , Macdonald, ayant refoulé dans ses murs