Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
412
JPEG-Download
 

Û12

GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

la garnison de Riga , investit la place avec son centre et sa gauche, etposta sa droite à Jacobstadt pour observer Dunabourg .

En résultat, la roule de Smolensket de Witcpsk était entièrement décou-verte et l’on pouvait s’avancer, sans inquiétude pour ses flancs, par lalarge trouée que les deux grandes armées ennemies avaient permis d’ou-vrir entre elles.

Napoléon s’y déploya à la tête de 70 à 80,000 hommes. Il détacha àdroite Grouchy pour gagner Orscha et ouvrir la communication avecDavout, qui, de son côté, marchait aussi au Dniéper , puis il porta le resteen trois colonnes à Glubokoe. Là il menaçait à-la-fois Polotsk et Wi-tepsk et ce seul mouvement faisait tomber les retranchemens de Drissa.En effet, par l’occupation de Polotsk , on débordait la gauche de Bar-clay, par celle de Witepsk , on le séparait définitivement deBagration. Une lui était donc plus permis de rester dans sa position défensive. Dansl’incertitude du parti qu’il pourrait prendre, Napoléon fit halte à Glu-bokoe, prêt à soutenir Murat si les Russes , ayant reçu des renforts, re-passaient offensivement la Dwina, prêt à côtoyer leur mouvement s’ilsremontaient le cours du fleuve pour protéger Witepsk . On apprit d’abordqu’ils débordaient par Druja, qu’ils avaient surpris la cavalerie de Se-bastiani, enlevé du canon, mis quelques centaines d’hommes hors decombat. Etait-ce l’avant-scène d’une attaque générale ? n’était-ce qu’unedémonstration ? On s’en assura en poussant à Drissa une reconnaissancequi les fit voir en pleine marche sur Witepsk .

L’empereur alors, appuyant à droite, courut à Beschenkowitzi endonnant à Murat l’ordre de se diriger sur le même lieu. Les deux têtesde colonne l’atteignirent en même temps et le trouvèrent occupé par lesennemis. Les attaquer, les culbuter, les rejeter sur l’autre rive, ce fut l’af-faire^de quelques inslans.Mais ils détruisirent le pont qu’il fallut rétablir.Cependant Napoléon survint plein d’impatience; aussitôt que le passagefut praticable , il prit un régiment de cavalerie légère et se lança au ga-lop à la suite des Russes . Il les vit disparaître à l’est, tandis que du côtéde Polotsk , il ne put remarquer aucun indice de colonnes en marche.C était donc l’extrême arrière-garde de Barclay qui se repliait devant lui;Le général russe avait habilement dérobé ses pas, il s’était hâté de dépas-ser Becshenkowitzi, position périlleuse, puisque toulcsles routes de Witepsk s y croisent avec la Dwina; et, dans le but de retarder désormais les pro-grès de la grande-armée, il venait de jeter i5,ooo hommes sur sa routepour lui disputer pied à pied le terrain montueux, boisé, entrecoupé deravins qui la séparait encore de Witepsk .

On perdait ainsi l’espoir de le devancer, de le surprendre, restaitcelui de le combattre. Napoléon échelonna sur sa gauche pour les opposer