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CAMPAGNE DE 1812.
à Wittgenstein, Oudinot à qui il prescrivit de déboucher de Polotsk etSainl-Cyr qui eut ordre de sc lenir en observation à Outshach. Ces deuxcorps devaient sc lier avec Macdonald dont la droite était entrée dans lemouvement général en s’étendant jusqu’à Dunabourg . Ces forces suffi-saient pour masquer la route de Pétersbourg. Le surplus de l’armée(i 3 o,ooo) poussa contre Barklay. Murat se mit à la tête de l’avant-gardequi fut presque constamment engagée.
Le premier jour, on s’aborda près d’Ostrownojles Russes, flanqués parla Dwina et par des bois épais, barraient la route. Aux premiers coupsde feu, leurs ailes s’avancèrent, menaçant d’envelopper la tête de co-lonne française; mais Murat, chargeant des deux côtés de la chaussée,et une division du vice-roi les tournant par leur droite, ils reculèrenten bon ordre après avoir perdu des canons et i r à 1200 morts ou pri-sonniers. Le lendemain ils avaient reçu des renforts. Murat se heurtacontre 28,000 hommes retranchés derrière un ravin adossé à la forêt. Ilfallut plus d’un assaut pour les rompre, et lorsqu’on eut enfin emportéla position, l’empereur donna Tordre de les poursuivre, de ne point leurlaisser prendre haleine et de fouiller à fond ces bois qui dérobaient à scsregards les lignes de Barklay. L’action se prolongea, mais on gagua piedà pied un terrain découvert d’où l’on aperçut, aux dernières lueurs dujour, dans le lointain, les édifices de Witepsk ; plus près, derrière laLuressa, le camp des Russes ; enfin dans la plaine, au pied des col-lines dont on venait de s’emparer, une forte arrière-garde couverte parun ravin, flanquée comme les jours précédens, par la Dwina et l’inter-minable forêt.
Le lendemain, à l’aube, le vice-roi s’ébranla pour renverser les obs-cles qui séparaient les deux armées : il chassa les ennemis à coups de ca-non , rétablit le pont du ravin qu’ils avaient détruit, se forma au-delàdu défilé, et déblaya toute la rive gauche de la Luressa où l’armée en-tière se mit en bataille. Il y eut au passage du ravin un de ces faitsd’armes qui sont particuliers aux troupes françaises. Deux compagnies devoltigeurs, enfans de Paris , avaient gravi la berge et s’étaient postées àla tête du pont pour en protéger la reconstruction. Les travaux achevéset la cavalerie commençant à déboucher, ils s’avançaient dans la plaine,quand une nuée de cavaliers russes, chargeant la tête de colonne, les en-toure et les isole. Un cri s’élève de tous les rangs, on les croit perdus,sabrés, anéantis. Cependant la cavalerie du vice-roi charge à son tour,ramène les Russes , dégage le terrain qu’ils avaient envahi, et Ton voitavec admiration sortir d’un nuage de poussière et de fumée les deuxcompagnies formées intrépidement en carré, entourées d’un rempartde morts. L’armée battit des mains et l’empereur fit remettre à cha-