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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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m GUERRES DE LA REVOLUTION.

cun de ces braves soldats du 9" léger, la décoration de la Légion-d’hon-

neur.

Ce long combat de trois journées semblait Je prélude d’une action dé-cisive : on s’y prépara de part et d’autre. Les Russes couvrirent de re-tranchemens, de batteries, la rive escarpée de la Luressa et l’empereurdisposa ses colonnes d’attaque. Mais, à l’entrée de la nuit, Barklay reçutdes dépêches de l’armée du sud qui le déterminèrent à ordonner sur-le-champ la retraite.

Bagration , arrivé sain et sauf à JNcsvijc, pouvait encore être enveloppésur la Bérésina ou sur le Dnieper . Mais le brusque départ de Jérome avaitencore retardé les troupes qui l’avaient déjà trop mollement poursuivi;elles se trouvèrent à son égard hors de compte.Davout lui-même, arrêtéà Minsk par la difficulté des lieux, comptant d’ailleurs sur l’armée west-phalienne, au lieu de se rabattre au sud, tira vers l’est jusqu’à Mohilew où il prit position avec cinq régimens d’infanterie et six de cavalerie(ia,000). Le général russe franchit donc, sans être inquiété, la Bérésinaet parvint à Staroi-Bikhow sur leDniéper. Là, il fit passer à gué les cosa-ques en leur prescrivant d’occuper Smolensk , il jeta un pont pour mettreen sûreté ses convois et, de peur de perdre à l’attendre des inslans pré-cieux, il se dirigea sur Mohilew , à la tête de /jo,ooo hommes, résolu àpénétrer jusqu’à Witepsk. Mais il se heurta contre Davout et, aprèsavoir consumé une journée entière en efforts inutiles pour lui passer surle corps, après s’être fait tuer /jooo hommes, il se replia sur Staroi-Bikhow, passa le fleuve, détruisit le pont, gagna au pas de course Smo-lensk et donna à Barklay avis de son arrivée.

A ces nouvelles le général en chef n’hésita pas à se rapprocher deson lieutenant pour opposer à la grande-armée la masse de leurs forcesréunies. Il profita du reste de la nuit pour lever le camp de Luressaet se rendre à Surach, d’où il s’étendit, par Porieczié, jusqu’à Smo-lensk .

Napoléon ne vit pas, sans un vif regret, l’armée russe lui échapperencore; il prit possession de Witepsk , puis il lança dans toutes les di-rections ses coureurs pour reconnaître ses adversaires, qui avaient eu l’artde lui dérober leurs traces. On ne peut nier l’habileté des ennemis àéluder une action générale. Toutefois, en résultat, quelle victoire eûtproduit plus qu’on avait obtenu? Cent lieues d’espace, à partir deKowno; les forteresses de Dunabourg , de Drissa éludées, d’immensesmagasins détruits et ce plateau atteint, où les Russes ne pouvaient re-fuser la bataille sans abandonner aux Français l’initiative pour le restede la campagne. Tels furent les avantages remportés dans cette courtemais brillante période de la campagne.