CAMPAGNE DE 1812.
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les pentes d’un vaste plateau au travers duquel le fleuve creuse son lit.Des murailles, d’un contour de plus d’une lieue, hautes de a 5 pieds,flanquées de 29 grosses tours, un large fossé, quatre faubourgs crénelés,rempli de troupes, couverts par deux ravins; enfin, une citadelle enterre, à l’ouest vers la route de Krasnoi, lui donnaient l’aspect d’uneforteresse trop imposante pour que l’on pût l’enlever d’un coup de main.On remarquait d’ailleurs, sur les hauteurs opposées et dans le faubourgde Pétersbourg, qui communique avec la place par un pont sur pilotis,un grand mouvement de l’une à l’autre rive.
Napoléon en conclut que les généraux russes allaient déboucher sur leplateau pour commencer l’attaque. Il laissa en réserve sur la ligne de re-traite , Eugène avec les 4 ® et 8' corps’, puis il se mit eu bataille autour dela ville hors de la portée du canon.
La journée du 16 se passa dans l’attente. Arrivé vers le soir Barclayperdit courage à l’aspect de l’armée française qui présentait un déploie-ment de 140,000 hommes. Son admirable tenue, la manœuvre habilequ’elle venait d’exécuter avec une rare précision, le souvenir de ses ex-ploits, frappèrent les officiers russes de cette stupeur, présage ordinairedes grands désastres. Ils apercevaient à droite, l’impétueux Murat à latete de 20,000 cavaliers, dont la masse étincelante semblait suffire à laconquête de l’empire; puis les Polonais animés de toute l’ardeur d’uneguerre nationale, au centre, Davout,le plus méthodique des lieutenansde Napoléon , avec ses cinq divisions, restes glorieux de l’anciennegrande-armée, parées encore des trophées d’Auerstædt, d’Eylau, d’Eck-muhl, deWagram; derrière cette troupe d’élite, la garde et le bivouacde Napoléon; enfin, à gauche, Ney,le brave des braves. Quel général enEurope eût envisagé de sang-froid ces redoutables adversaires, ces hom-mes de bronze, endurcis par tant de fatigues, par tant de combats, livrésen tant de climats divers! Ils étaient là brillans de gloire et de jeunesse,menaçant d’enchaîner le monde. Hélas! tous marchaient à la mort ouà la captivité.
Barklay, agité de mille craintes, ne put se résoudre à l’attaque. Durantla nuit du 16 au 1 y, il releva dans Smolensk Bagration et l’envoya sur-le-champ avec 42,000 hommes à Dorogobouje, pour garder la route deMoscou . Puis, avec 80,000 hommes il se mit sur la défensive; deux divi-sions occupèrent la ville et les faubourgs de la rive gauche; les autrescorps s’établirent sur les hauteurs de la rive droite et plusieurs ponts fu-rent jetés.
T-e 17 l a canonnade tonna du côté de la citadelle qui n’avait étéélevée que pour masquer une large brèche. Mais la matinée s’écoulasans mouvemens sérieux, et l’empereur résolut enfin de faire enlever la
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