à!8
GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
ville. Il commença par mettre en batterie, sur sa droite, soixantepièces dont le feu plongeait sur un des ponts construits par l’ennemi.Barclay riposta, non sans avantage ; peu-à-peu l’action s’engagea surtous les points, les faubourgs furent emportés d’élan, on nettoya lesabords de l’enceinte, on établit les batteries, on cribla les remparts etl’intérieur de la place d’une grêle de boulets et d’obus. La place nesemblait plus tenable pour ses défenseurs. On refoula les Russes dansle chemin couvert qui était mal flanqué.
Cependant Barclay ne cessait d’y faire passer des troupes fraîches;aux approches de la nuit, il y eut autour des murai lies jusqu’à six divisions.Mais alors les Russes avaient déjà 2000 prisonniers et 12,000 hommeshors de combat; mais l’ardeur des assaillans était irrésistible et l’on pou-vait prévoir, qu’au point du jour, ils pénétreraient dans Smolensk . Barclayrenonça à le défendre; vers minuit il retira ses troupes, fit mettre le feu àtous les quartiers, détruisit les ponts et prit position dans la ville basseet sur les hauteurs du nord.
Bientôt l’incendie dévora Smolensk . Dès l’aube on s’aperçut que lesremparts étaient abandonnés, on enfonça les portes et l’on s’empressa dedisputer aux flammes celte triste conquête achetée au prix de 6 à 7000tués ou blessés. On ne put se rendre maître du feu que le jour suivant.Pendant qu’on luttait contre ses ravages, on cherchait d’autre part à ré-tablir les ponts ; on en préparait de nouveaux ; on se disposait à déposterl’armée russe. Elle batailla encore jusqu’au soir; mais enfin une divisionde Davout ayant réussi à se loger sur la rive droite , Barclay incendia lesmaisons de la ville basse et s’enfonça dans les ravins qui remontent aunord.
On le vit gagner la crête du plateau. Etait-ce pour prendre la routede Pétersbourg ? Etait-ce pour éviter de prêter le flanc aux Français ,en suivant celle de Moscou qui, depuis Smolensk jusqu’à Valoutina-Gora, longe le Dniéper ? Pour résoudre cette question capitale on semit en mesure d’éclairer les deux directions. Le ig, au point jour, Ney enpremière ligne, Davout en secoude ligne, gravirent les hauteurs entreles deux routes soutenus à droite par Murat, à gauche par Grouchy . Deplus, Junot qui venait d’entrer en ligne, fut envoyé à Prudiczi pour yjeter un pont et déborder la route de Moscou .
Malheureusement, l’empereur ne prit point la direction de ces mou-vemens, qu’on était loin de supposer, de nature à forcer les Russes àrecevoir la bataille qu’ils refusaient si obstinément. Son absenceles sauva. Ses licutenans, ignorant eux-mêmes qu’ils tenaient l’ar-mée opposée, opérèrent sans ensemble et refusèrent la faveur la plus si-gnalée de la fortune,