m GUERRES DE LA REVOLUTION.
presque tous les chevaux, désorganisa les convois et acheva de rompre
les rangs.
Le surlendemain, l’avant-garde entra dans Smolensk . Etait-il permisde s’y arrêter ? Était-ce là que commençaient les quartiers d’hiver? Eu-gène s’était détaché à droite pour pénétrer jusqu’à Witopsk, à gauche,on allait rallier Victor dont une division (Baraguey-d’Hilliers) devait setrouver à Jelnia. Pourraient-ils flanquer assez fortement l’armée pour luidonner un instant de relâche? mais à chaque pas on apprenait de nou-veaux désastres. Victor avait été appelé au secours de Saint-Cyr queWittgenstein pressait trop vivement, et l’on ne pouvait non plus compterni sur Eugène, ni sur Baraguey-d’IIilliers. Celui-ci, dans le même tempsque son appui était si nécessaire, se laissa surprendre par Kutusof qui,depuis Suleïki, suivait latéralement la grande-armée, il perdit une desses brigades et fut ramené en désordre sur les troupes qu’il avait missionde raffermir. Le même jour, Eugène engagé dans des chemins affreux,fut arrêté par le cours du Wop, ruisseau lorsqu’il l’avait franchi, il yavait trois mois, maintenant torrent impétueux. Il essaya vainement dejeter un pont ; cependant les cosaques accoururent. Pour les combattreen sûreté, il fallut passer sur l’autre rive, il fallut s’y glisser à l’aide deglaçons, il fallut sacrifier convois, canons, blessés, malades et traîneurs.A Dukhowszina, le vice-roi, informé que Witepsk était depuis deux joursau pouvoir de Wittgenstein, se rabattit sur Napoléon, toujours harcelépar les cosaques, et non sans éprouver des pertes continuelles.
Ces coups étaient accablans. On était débordé par Kutusof et par Witt-genstein; Smolensk n’était plus tenable. Toutefois, on se compta et l’oncomprit que tout n’était point perdu. Il restait 40,000 hommes sous lesarmes. Quelques jours de halte facilitèrent l’écoulement des bandes dés-organisées et suffirent à reformer les colonnes de marche. Enfin, le i 4 ,les troupes commencèrent à défiler de la ville bien différentes d’elles-mêmes, alors qu’elles en étaient sorties naguère si brillantes et si nom-breuses. Mais dans leur détresse, elles inspiraient encore une crainte res-pectueuse au vieux Kutusof qui ne put se résoudre à les aborder.
L’empereur avait prévu la circonspection de son adversaire et il avaitosé se diviser en quatre corps destinés à cheminer à une journée de dis-tance. Venait d’abord la garde, forte encore de 16,000 hommes, quitrouva Krasnoi occupée par une division russe ; mais à la vue de ceshommes énergiques, marchant musique en tête, drapeau déployé , l’en-nemi de lui-même ouvrit le passage et se hasarda à peine à les canonnerde loin. Ils s’établirent dans la ville où l’empereur s’arrêta.
Le lendemain parut Eugène (7 à 8,000), devant qui la route s’étaitreferme'e. JVIiloradowich lui faisant face avec 20,000 hommes crut prendre