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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1812 . t.tit

çais une masse assez compacte pour les arrêter jusqu’au déploiement deKulusof sur leurs derrières.

Mais l’empereur était là, au centre des opérations; il n’y eut plusqu’une impulsion, qu’une volonté, et ses ordres sauvèrent encore une foisl’armée.

Il prescrivit à Oudinot de se concentrer à Bobr, puis de marchersur Borisof - à Victor de déboucher par Czereia sur le canal et d’inquié-ter la ligne ae retraite de Wittgcnstein. Pour la première fois, l’imprévuqui joue un si grand rôle dans les affaires de la guerre, et qui, depuisl’ouverture de cette fatale campagne, avait constamment favorisé l’en-nemi; l’imprévu appuya ces dispositions. L’amiral avait en vain étenduses ailes pour rallier Hœrtel et Wittgenstein ; ni l’un ni l’autre ne s’em-pressèrent de le seconder. Le premier, qui jusqu’alors s’élait borné àquelques mouvemens insignifians vers Glusk et Logiczin , s’obstinait àrester dans les limites de son commandement qui ne dépassait point Bo-bruisk. Le second , peu soucieux de se mettre sous les ordres de son col-lègue, objecta la présence de Victor pour rester sur la rive gauche de laBérésina. Tschichagof soutint donc seul le premier choc d’Oudinot quireplia dans Borisof son avant-garde, le chassa de la ville et le repoussaau-delà de la rivière si rudement qu’il se hâta de détruire le pont. A lavigueur de ces coups, l’amiral comprit que l’armée entière approchait,il se concentra sur l’autre rive pour couvrir la route de Minsk et s’opposerau rétablissement du pont. Sur ces entrefaites, Victor livra à Wittgensteinvers Tchasnitzi, un combat sanglant et indécis, dont l’effet futd’attirer sur lui toutes les forces du général russe et de l’éloigner deBorisof.

Il y eut donc entre les deux corps ennemis un intervalle de i a à 1 5lieues dans lequel on venait de découvrir que la Bérésina était guéable.Cette rivière large et fangeuse était à peine dégelée lorsque Corbineau,détaché du corps bavarois, avec sa brigade de cavalerie légère, dans lebut d ouvrir la communication avec Oudinot, donna au milieu de l’ex-treme gauche de Tschichagof, et n’évita une perte certaine qu’en pas-sant un gué durant la nuit du 21 au 22 novembre entre Weselowo etStudianka.

On saisit avec le plus vif empressement cette indication si précieuse.On reconnut l’autre rive, elle était libre d’ennemis. Aussitôt, les troupesdu génie, les pontonniers, les marins de la garde se mirent à l’œuvre.Us démolirent le village tristement célèbre de Studianka. Avec les pou-tres > les planchers, le fer des maisons dépécées, ils se hâtèrent de con-struire deux ponts. Ces braves gens, dirigés par le général Éblé, plongés