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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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m GUERRES DE LA REVOLUTION.

jusqu’à la ceinture dans l’eau qui charriait de nouveau d’énormes gla-çons , exécutèrent leurs travaux avec leur habileté si connue.

Le temps pressait : Kutusof débordait de tous côtés. Il avait passéle Borysthène à Kopys, et les délachemens qu’il avait faits sur sa gauche,occupant Sienno allaient forcer Victor de reculer devant Wittgcns-tein.

Cependant Oudinot appuya sur sa droite, et les corps, arrivant du Bo-ryslhène, le relevèrent tour-à-tour au pont de Borisof en faisant degrandes démonstrations pour entretenir l’erreur de l’amiral.

Le 26 , au matin, Dembrovvski passa le premier en radeaux. Peud’heures après, Oudinot défila sur les ponts. Il était temps : une divisionrusse approchait ; on la culbuta, l’on prit position, la gauche à la rivière,pour faire face à l’amiral. Ney, la jeune garde passèrent ensuite et, à 4heures, le matériel commença à rouler sur le pont de chevalets. Dans lasoirée, Victor fut signalé à peu de distance de Borisof. La nuit vint:nuit d’anxiété, le froid reprenait son intensité première, les Russes re-cevaient des renforts parla rive droite, et, de l’autre côté, Kutusof,Wittgenstein pouvaient à chaque instant paraître.

Dès l’aube, le défilé continua : l’on n’eut durant toute la journée au-cune nouvelle de l’ennemi. Le vice-roi, Davout , la vieille garde, l’empe-reur passèrent, et Victor, laissant une de ses divisions dans Borisof, lesreleva sur les hauteurs de Studianka.

Tout faisait pressentir une bataille pour le lendemain. En effet, Witt-genstein arriva pendant la nuit sur les pas de Victor par la route de Ba-ran et, pointant sur Borisof, il surprit, au sortir de la ville, la dernièredivision française; qui s’était égarée, comme elle se portait aux ponts.Elle se défendit vaillamment, mais enfin le nombre l’emporta, les Russes eurent la joie, pour la première fois depuis le commencement de la re-traite, de saisir l’épée d’un général de division.

Ce désastre fut le prélude du combat. A peine Borisof évacué, l’amiraly rentra et se mit en communication avec Wittgenstein. D’un autre côté,Kutusof, ayant passé la Bérésina à Usza, ils concertèrent une attaquegénérale par les deux rives, résolus de réparer leur inaction de la veilleet d’anéantir l’armée française.

Jamais position ne fut plus critique. Davout et Eugene avaient pro-longé leur marche jusqu’à Zembin pour s’assurer de la route de Wilna etils étaient séparés, par une vaste fondrière, de l’empereur qui avait entrelui et Victor, la Bérésina.

La tâche des généraux russes était de rompre a-la-fois les 10,000hommes de Victor et les deux lignes formées par Oudinot, Ney et lagarde, fortes environ de 3 o,ooo baïonnettes. De ce côté, Tschichagof