Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
469
JPEG-Download
 

CAMPAGNE DE 1813 . 469

garde dans la vallée et il négligea de mesurer la distance qui le séparaitdu reste de l’armée.

Le 3 o, il eut sur les bras 70,000 Russes et Autrichiens qui ouvrirentle feu. Déjà les conséquences d’un combat si disproportionné 11e paraissentplus douteuses, lorsqu’à gauche brille sur les hauteurs une forêt de baïon-nettes; est-ce enfin la grande-armée ? Vandamme va-t-il être dégagé dupéril où l’a jeté trop d’ardeur? Cet espoir le soutient et ranime le com-bat. Mais le malheur n’atteint plus à demi les armes françaises. On re-connaît bientôt les drapeaux prussiens. C’est le corps deKlcistqui, ayantquitté le chemin de Dohna pour éviter Saint-Cyr, s’est jeté par sadroite dans les montagnes et a gagné le chemin de Culm à Peterswaldc.Il s’établit sur la ligne de retraite et achève d’envelopper le premiercorps. Tout est perdu à moins d’un effort surnaturel. Corbineau, à la têtede la gauche , se jette tête baissée sur Kleist , le traverse et lui prend sescanons. Mais le général ennemi revenu de sa surprise reprend scs pièces;puis, laissant Corbineau rejoindre Saint-Cyr, il s’avance sur Vandammequi est obligé de se rendre prisonnier.

Ce désastre ferma l’entrcc de la Bohême aux maréchaux français ,qui s’arrêtèrent à la frontière. A ce moment d’autres soins réclamantla présence de Napoléon, l’avaient forcé de renoncer à poursuivreSchwarzenberg.

Oudinot avait été replié, quoique lentement, jusqu’à l’Elbe . A défautdessuccès décisifs qu’il s’était promis en opérant contre la grande annéecombinée et qui lui échappaient si cruellement, Napoléon résolut deporter son effort sur Bernadottc. Il remplaça Oudinot par Ney à qui ilprescrivit de marcher droit à Berlin . Lui-même se mit en mouvementpour le soutenir, pour enlever cette capitale. Ses colonnes étaient dispo-sées de manière à se réunir à Luckau le 6 septembre.

Rien d’aussi douloureux que le récit des évènemens qui vont suivre,ce ne sont plus que plans altérés, détruits, par le pouvoir d’une inflexiblefatalité. Ce n’est plus que le débat convulsif du génie aux prises avec lesétreintes victorieuses de la force matérielle.

Comme l’armée s’ébranlait pour pointer sur Berlin , Blucher, poussantdevant lui les débris de Macdonald, était au moment d’atteindre Baut-zen ; il fallut y courir. On replia l’armée de Silésie , on la rejeta au loin;mais la combinaison contre Bernadotte était déjouée, et Ney, qui pensaitêtre secondé par l’armée entière, arriva seul en présence de forces supé-rieures. Il les aborda néanmoins, il manœuvra pour se déployer, la droiteen tête, les prendre en flanc et les deposter de la route de Wittenberg àPostdam. Il chassa de Scyda leur aile gauche. Bertrand tenait l’extrêmedroite ; il déboucha sur Dennewitz où il trouva leur gauche rétablie. Il