CAMPAGNE DE 1813. 471
s’ébranla tout entier, replia en deçà de l’Elbe les détachemens de Muratet de Marmont qui observaient l’Elster et, masquant sa marche par unefausse attaque du pont de Meisscn, courut se concentrer au confluent del’Elster où il fit sa jonction avec Bernadolte.
Le plan des alliés était maintenant dévoilé: ils portaient deux énormesmasses sur les extrémités de l’armée française pour la tourner, la préve-nir sur la Saale, la prendre à dos et l’acculer à l’Elbe .
C’est là que Napoléon les attendait, soit pour les battre séparément,soit pour mettre à profit leur écartement et les étonner par de nouvellescombinaisons. Il laissa dans Dresde et Pirna pour tenir en échec lesRusses de Benningsen, Mouton (i 01 corps réorganisé) et Saint-Cyr. Il plaçasous les ordres de Murat : Victor, Lauriston, Poniatowski et lui donna lamission de disputer pied à pied au généralissime les routes de Leipzig .Enfin prenant Marmont, Macdonald, Souham et la garde, il seraità côtoyer l’Elbe en deux colonnes pour gagner Torgau et Eilenburg ,rallier Ney et offrir la bataille à Bernadotte et Blucher réunis. Ce derniercependant rassembla dans l’Ester-Noir des bateaux qu’il lança sur l’Elbe ,dont il surprit le passage au confluent des deux rivières. Bertrand , con-centré à Wartenburg , lui tint long-temps tête; mais enfin, cédant aunombre, il se retira à Duben, où il fut rejoint par Ney qui lui-mêmepliait devant Bernadotte. Blucher les suivit, tandis que l’armée du nordgagnait Zœrbig. Le maréchal recula jusqu’à Eilenburg , où il trouvaNapoléon impatient d’aborder l’ennemi. L’armée entière fit face à Blu-clicr qui, à son approche, se hâta de franchir la Mulde et de se jeter dansles rangs de Bernadotte . On s’élança sur ses pas dans l’espérance de li-vrer enfin la bataille; mais les deux généraux ennemis, toujours résolusa l’éviter, prirent position à Halle. Ils allaient saisir les défilés de laSaale; déjà leurs détachemens occupaient Weissenfels . Les Autrichienspoussaient Murat et les Polonais parles routes de Chemnitzet Altenburg;et Wittgenstein, par celle de Colditz, ayant pris l’ascendant surLauriston et Victor, menaçait de couper l’aile droite en s’établissant àBorna.
Les routes de la France allaient se fermer sur le derrière de l’armée;mais celles du nord et de l’Allemagne étaient ouvertes devant elle. C’estce que Napoléon avait prévu; et au lieu de disputer en fugitif une retraitequi n’était même plus assurée, il avait pris la détermination de reporterla guerre en Prusse, de paraître en conquérant dans Berlin et de forcerles coalisés à la paix, en se plaçant avec 200,000 hommes au centredes lignes de défense dont ses garnisons tenaient tous les pointsfortifiés.
Le mouvement commença : Reynier dégagea Wittenbcrg, détruisit