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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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Un GUERRES DE LA RÉVOLUTION,

les postes de Bernadotte ; Bertrand s’empara de ceux de Blueher. L’ar-mée entière avait ordre de les suivre, lorsqu’on apprit la défection duroi de Bavière . On sut que les 3o,ooo hommes du maréchal de Wrèdes’étaient réunis à l’armée qu’il était chargé de contenir, et que tous mar-chaient vers le Rhin . L’explosion delà confédération entière était inévita-ble, on allait êtreséparé de la France par une formidable insurrection sou-tenue par une armée innombrable. Napoléon ne trouva pas dans scs lieu-tenans l'élan que demandait l’exécution de son vaste projet, et il se ren-dit, le désespoir au cœur, à la nécessité de se frayer le retour sur lesfrontières.

Bernadotte avait descendu la Saale jusqu’à Bernburg , pour revenir àla rive droite de l’Elbe et contrarier le mouvement sur Berlin . On étaitplus près que lui de Leipzig , et si Blueher l’avait suivi, on pouvait en-core saisir le moment où ils s’éloignaient au nord pour se rabattre surSchwarzenberg et le forcer au combat.

Leipzig fut assigné pour rendez-vous à toutes les colonnes en mar-che : Augereau y arriva par Weissenfels , en passant sur le corps du dé-tachement qui s’y était établi. Murat s’en rapprocha par Borna en dispu-tant vivement les débouchés de la vaste plaine où la délivrance de l’Al-lemagne allait être mise enjeu. Marmont, puis Bertrand, puis l’arméeentière, moins Souliam et Reynier (a5 à 3o,ooo) débouchèrent par laroute d’Eilenburg.

...Dans la soirée du i5 octobre, Schwarzenberg fut en présence, et l’onse prépara pour le lendemain à une action décisive. Mais on sut queBlueher n’avait point quitté Halle en même temps que Bernadotte , etqu’on descendait sur Leipzig , à la tête de près de 80,000 hommes. Il étaitencore à une grande journée de marche, l’on pouvait donc triompherde l’armée de Bohême avant qu’il n’eût commencé le feu. Cependant ilfallait se mettre en garde contre lui, en divisant des forces déjà insuffi-santes.

Ney lui fut opposé avec les [f , 6°, 3 e et ’f corps. Le maréchal mit àcheval sur l’Elstcr, à droite Marmont, à gauche Bertrand pour occuperLindcuau, de manière à empêcher la jonction des deux masses enuemies;puis il donna l’ordre aux divisions des 3' et 7 e corps de prendre ladroite de Marmont à mesure de leur entrée en ligne.

Au midi de la ville, Napoléon rangea : l’aile droite sur la Pleisse ,depuis l’embranchement des routes de Borna et l’egau (Poniatowski)jusqu à Markleeberg (Augereau); le centre (Victor, Lauriston, i cr et 4'corps de cavalerie) sur le ravin de Vachau; la gauche (Macdonald et le2» de cavalerie) à cheval sur la route de Colditz; la réserve (vieille etjeune garde 3' et 5 e de cavalerie) sur les collines de Probstheida.