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CAMPAGNE DE 181 ft;
Hardegg et Bianchi s’efforçaient de dépasser Fossard, nœud des routesde Fontainebleau et de Montereau .
Le lendemain il fallut enlever de vive force cette dernière ville qu’ons’était flatté de surprendre : Victor à gauche, Pajol à droite, commencèrentl’attaque. Wurtemberg, couvert d’un côté par le ravin de Forges, del’autre par sa cavalerie, les contint d’abord tous deux. Le maréchal pé-nétra après quelques efforts à Villaron; mais il ne put s’y maintenir, et l’onse disputait encore le passage du ruisseau quand Gérard, entrant en li-gne, prit la direction des mouvemens. Il leur avait déjà donné plusd’ensemble lorsque Napoléon survint avec la garde. Au bruit de soncanon, Wurtemberg ne songea plus qu’à descendre en bon ordre lecoteau escarpé qui longe la Seine . C’était une opération difficile. La pré-sence de l’empereur avait donné l’élan. Pajol enleva le faubourg deParis et prit à revers les lignes qui se repliaient. Elles commencèrent àse rompre et avant de leur laisser le temps de se reconnaître, on emportales ponts, on • s’établit assez fortement au confluent des deux rivièrespour couper, du corps de bataille, les troupes qui occupaient la ville etcelles qui restaient encore sur la rive droite de la Seine . Pendant ce tempsl’artillerie de la garde, du sommet du plateau, écrasait de mitraille lamasse des fuyards, il leur fut impossible de se rallier. Le prince se re-tira à Basoches affaibli de 6000 hommes.
C’était une belle victoire, mais elle était incomplète; Bianchi et Hardeggs’échappaient par Pont-sur-Yonne, de Wrède avait pu contenir Macdo-nald à Bray, Wittgenstein avait le loisir de repasser la Seine en bonordre, et Schwarzenberg celui de se rapprocher pas à pas de Troyes où on avait eu dessein de l’acculer brusquement.
Napoléon éclata en reproches pleins d’amertume; il signala dans sonbulletin des fautes trop ordinaires, et il donna à Gérard le commande-ment du corps de Victor qu’il blâma vivement de n’avoir pu dépasserSalins; puis touché des instances du maréchal, il mit sous ses ordresdeux divisions de jeune garde récemment entrées en ligne.
Macdonald et Oudinot se rapprochèrent de Montereau où Napoléonréorganisa l’armée pour livrer bataille, non plus comme il s’y était at-tendu, à des adversaires déroutés par ses marches habiles, mais à un en-nemi qui avait tout le temps de se disposer à le recevoir en lui opposantdes forces plus que doubles.
H forma quatre colonnes auxquelles il assigna pour but la plainede Troyes et qui se mirent en mouvement : Gérard (8000) par Sens;Macdonald (1 1,000) par Trainel; la garde sous Ney et Victor (22,000)par Nogent et Saint-Martin-de-Bosnay; enfin Oudinot (22,000), parNogent et Châtres. A l’extrême droite, Allix nettoya la vallée du Loing