SOS GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
ment de Napoléon. Il rappela les deux généraux russes , jeta un pontà Sameron, laissa sur la rive gauche York et transporta au-delà de laMarne le reste de son armée. C’était une manœuvre bien hasardée,il s’exposait à perdre sa ligne d’opération, mais il comptait, pour luiouvrir la route du nord sur Winzingerode renforcé maintenant par Bu-low qui, après s’être emparé de LaFère, avait pris position à Soissons . Ilespérait d’ailleurs avoir bon marché des 18 à 20,000 Français qu’il allaitattaquer à revers en tournant leur gauche. Ses trois corps coururentà l’Ourcq. Kleist passa sans obstacle le pont de Lizy, déjà ses avant-pos-tes étaient au-delà de la Thérouanne quand Mortier, leur faisant face,les rejeta sur la rive gauche de ce ruisseau. Kleist se mit en bataille,mais les deux maréchaux étaient réunis. Us débouchèrent par Gué-à-Trème, débordèrent le général prussien sur la route de Lizy et le me-nèrent battant jusqu’à Fulaines.
Cet échec déconcerta Blucher : dominé par la crainte de Napoléon ,il fit repasser la Marne à York, détruisit le pont et abandonna défini-tivement la route de Châlons sans être assuré de celle de Soissons ; maisil donna l’ordre à Winzingerode et Bulow de marcher en toute hâte surcette dernière ville, en même temps qu’il disposa une attaque généralecontre les deux maréchaux.
Les quatre corps marchèrent sur l’Ourcq : Sacken pour se borner àune démonstration à Lizy, Kleist , York et Langeron pour forcer le pas-sage à Neufchelles, Crouy, Gesvres; déborder la gauche des Français et s’asseoir victorieux sur la chaussée de Soissons . Toutes ces colonnestrouvèrent les ponts rompus, partout les deux maréchaux étaient enmesure et la journée se passa en tentatives infructueuses.
Le lendemain Kleist prit plus haut son point de départ, il passa toutentier par Fulaines pour attaquer Neufchelles, les autres corps allaientseconder son mouvement quand Napoléon parut sur la Marne avec Ney,Victor et deux corps de cavalerie (22,000).
A peine informé de la marche de Blucher, Napoléon s’était élancé parla traverse d’Herbisse à Sézanne puis à la Ferté-Gaucher et enfin à laFerté-sous-Jouarre. Les chemins détrempés par la pluie avaient ralentises pas, il ne trouva plus d’ennemis sur la rive gauche, et ne doutantpoint de la prompte retraite de sou adversaire, il envoya Victor s’as-surer de Château-Thierry où lui-même résolut de se rendre par la Ferté-sous-Jouarre dont il se hâta de rétablir le pont.
Ainsi Blucher , sans ligne de retraite, était embourbé dans des che-mins vicinaux entre l’Ourcq et la Marne , au moment où e canon deNapoléon lui annonça que l’offensive ne lui appartenait plus. A toutévènement il fallait se replier sur Soissons , il y courut en deux co-