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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1814.

Au premier choc les Russes firent bonne contenance, et par tropd’impatience Ney leur donna prise sur lui. Sans attendre son collègue ilsortit en deux colonnes du bois de Saint-Martin où il s’était établi laveille, et se mit à gravir le coteau d’Ailles dans l’espérance d’enleverd’emblée ce village, dé déborder l’ennemi par sa gauche et de décider,d’un seul coup, de la journée. Accueilli par une terrible fusillade, il futrepoussé. Alors la cavalerie chercha à déboucher du ravin pour le char-ger à fond: mais la droite de Victor se portantà Vaucler, mais l’artille-rie de la garde se mettant en batterie au centre et s’opposant au dé-ploiement de la cavalerie ennemie, rétablirent le combat. Cependant lecentre, la gauche de Victor, la cavalerie et une division de Mortier en-trèrent successivement en ligne et firent tourner la chance. L’extrêmegauche pénétra dans Ouche, Mortier força le débouché du grandchemin au moment où, par un nouvel effort, Ney se logeait dans Ailles.Woronzof fut trop rudement rompu pour pouvoir se reformer, il en-traîna Sacken dans sa déroute. Ney l’atteignit vers Bray, le coupa endeux et rejeta sa gauche au-delà de la Letle. Le reste s’appuyant surSacken, s’arrêta à l’A.nge-Gardien où il rallia la garnison de Soissons .L’armée victorieuse prit position d’Ostel à Filain.

Telle fut la bataille deCraone,bataille sanglante quicoûta aux enne-mis 5ooo hommes, et aux Français 4ooo soldats d’élite. Victor, blességrièvement, quitta l’armée et fut remplacé par Charpentier . La reprisede Soissons fut le prix de la victoire. Maintenant le cours de l’Aisne pouvait contenir l’armée de Silésie , mais Sclnvarzenberg n’avait encorepassé ni la Seine, ni l’Yonne . Sa lenteur fit naître de nouvelles combi-naisons. Si, avant de retourner à lui, l’on s’empare de la montagne deLaon , si une victoire signalée livre celte position qui barre les routes dunord, Bluclier hors de combat, rejeté du champ d’opérations doit êtreensuite tenu en échec assez long-temps pour donner le loisir de tenterUne manœuvre décisive contre l’armée de Bohême.

L’attaque de Laon fut résolue. Napoléon conduisit par la route deSoissons les corps de Ney, Mortier et Charpentier ; Marmont s’avançapar la route de Reims .

Blucher était ainsi rangé : Bulow, au centre, occupait la ville et lesvillages de Sémilly et d’Ardon; Langeron, Sacken, Winzingerode s’éten-daient adroite au-delà de la Neuville; Kleist , York, formaient deux li-gnes entre Vaux et Athies. De forts détachemens occupaient Etouvelle etFétieuxoù les chaussées resserrées, l’une par un bois impraticable, l’autrepar un vaste marais, forment deux longs défilés.

Contre une armée triple de la sienne et si bien postée, Napoléon es-saya d’abord une surprise. Il fit tourner, pendant la nuit, au travers