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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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512 GUERRES DE L.\ RÉVOLUTION.

de Chavellois le marais d’Étouvelle, par son officier d’ordonnance Cour-gaud, à qui il prescrivit de s’emparer brusquement de ce dernier village.Lorsque le temps présumé de sa marche fut écoulé, Ney fonça inopiné-ment par la chaussée : les postes ennemis culbutés lui abandonnèrentÉtouvelle; mais Gourgaud , qui eût dû leur fermer l’issue du défilé,s’était égaré dans l’obscurité. Us s’échappèrent; ils allèrent porter l’a-larme parmi le gros de l’armée qui se mit en bataille. Aussi lorsque lacavalerie, débouchant à toute bride parjla trouée que Ney venait défaire,dans l’espoir d’enlever d’élan la montagne sur laquelle s’appuyait Iîlucher,celui-ci était sous les armes.

Toutefois cette tentative d’un coup de main n’était point la seule com-binaison de l’empereur. Elle servait même à masquer son véritable des-sein. La montagne de Laon se termine, au nord , par un coteau à pic,au pied duquel la route de Flandre et celle de Reims se croisentdans Vaux. L’occupation de ce gros village par la colonne que Mar-mont amenait deCorbeny, n’eût donc laissé à Iîlucher de retraite quepar La Fère , et il eût été obligé ou de s’y replier, en évacuant le champde bataille, ou de porter son effort contre Mannont et de s’exposer auxcoups de la colonne commandée par l’empereur qui, dans l’un oul’autre cas, se fût mis en possession de Laon . C’était donc par ladroite que l’action devait s’engager; mais Marmont ne parut point et ceretard funeste força Napoléon à prendre l’initiative, de peur d’êtrelui-même rejeté au-delà d’Étouvelle. Il fit occuper Sémilly et Ardonpar Mortier et Ney qui s’y établirent vivement. U était temps; Bluchcrse préparait à déborder sur tous les points, et l’on n’échappa à une atta-que générale qu’en lui disputant, avec une rare opiniâtreté, ces deuxvillages qui masquaient le débouché de son centre. Lorsqu’il s’en renditmaître, en même temps qu’il cherchait à tourner la gauche par Clacy,Charpentier entrant en ligne donna une nouvelle vigueur à la défense ,il s’empara de Clacy ; Mortier reprit Ardon et les masses de l’ennemifurent admirablement contenues. Enfin Marmont ayant forcé le défilé deFétieux se déploya dans la plaine , en s’appuyant aux tertres boisés quis’élèvent à droite de la roule. Son intervention pouvait tout changer, ilaborda York avec ardeur, le culbuta et s’empara d’Athies. On touchaità ce village de Vaux dont la possession eût encore été décisive. Mais lanuit qui approchait suspendit le combat, mais le projet de Napoléonétait dévoilé, et Iîlucher ayant pu sonder la profondeur des colonnesfrançaises, loin de dégarnir son centre qui était trop engagé, fit passerde sa droite, où Charpentier était sur la défensive, à sa gauche où laquerelle devait se vider, les corps de Langeron et de Sîicken. Ainsi ap-puyé, York, au moment où le feu avait partout cessé, crut pouvoir