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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1814; 513

hasarder une attaque de nuit : il tomba sur les bivouacs de Marmont,les surprit, les mit dans un désordre complet, les poussa comme untroupeau jusqu’à Fétieux où quelques chasseurs de la garde commencè-rent à lui tenir tôle et arrêtèrent sa poursuite; le maréchal ne put serallier qu’à Corbeny.

A la pointe du jour Napoléon fut informé de ce désastre comme il sedisposait à recommencer l’attaque. Jamais peut-être sa situation n’avaitété plus périlleuse; la droite de sa colonne était débordée; il n’avaitplus de retraite que par le défilé d’Etouvelle, où il courait le- risqued’être acculé dans toutes les directions. Il échappa à cet extrêmedanger par de vigoureuses démonstrations d’offensive. Mortier etNey s’élancèrent sur Laon en même temps que Charpentier conti-nua à défendre victorieusement Clacy. Le feld-maréchal craignantde perdre la clef de ses positions, arrêta ses deux ailes pour repor-ter son effort au centre où il fut long-temps tenu en échec. EnfinNapoléon, après s’être assuré qu’aucun mouvement ne menaçait del’envelopper, donna le signal de la retraite. A la nuit l’armée, affai-blie de 45 oo hommes, franchit le fatal défilé et se replia à Soissons . Mar-mont se rendit à Fismes .

Dans l’attente de nouveaux évènemens, de tous points on fit halte.Blucher étendit ses cantonnemens sur la rive droite de l’Aisne jusqu’à LaFère et Noyon; ses postes poussèrent jusqu’aux portesde Compïègne . D’unautre côté Schwarzenberg ne passa point la Seine et Napoléon s’arrêta surl’Aisne et la Yesle. Ce fut un étonnant spectacle que celui de l’armée fran-çaise, réduite à moins de 60,000 hommes, disséminés de Soissons aux bordsde l’Yonne , imposant à deux armées victorieuses, fortes chacune d’envi-ron 120,000 hommes, et les tenant en suspens à ses extrémités. Sur ces en-trefaites un corps récemment entré en ligne fit cesser toutes les hésitations.Saint-Priest, après avoir long-temps séjourné dans le Luxembourg , seporta enfin, en défilant devant les passages de l’Argonne, gardés par lapopulation en armes, à Vitry-le-Français. Là, il se renforça d’unebrigade prussienne, puis il se mit en marche pour Reims , à la têtede 1 5 ,ooo hommes. Il menaçait cette ville depuis plusieurs jours et selaissait intimider par sa brave garde nationale, que soutenaient une poi-gnée d’infanterie et un détachement de cavalerie, manœuvrant hors deses murs, lorsqu’il prit la malencontreuse résolution de l’enlever de viveforce au moment même où Napoléon était à portée de lui faire payercher sa témérité.

Il prit ou dispersa la garnison, il s’établit dans la ville et mit à clic -val, sur la route de Soissons , la brigade prussienne dont les postes oc-cupèrent Gueux et Ronay. A peine informé d’un incident qui ouvrait la

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