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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

faibles divisions de la jeune garde et lui prescrivit de ressaisir le débou-ché deBréda. On se porta sous cette forteresse, mais elle tint bon et lesmoyens manquant pour faire un siège régulier, on se replia sur la Dyle etl’Escaut. Bulow, à son tour, prit l’offensive; pendant que sa cavalerie me-naçant Louvain y attirait le général français , le gros de l’armée courutà Anvers qu’il espérait surprendre; mais il ne put porter ses feux jus-qu’aux remparts; à deux reprises il éprouva de la part de la place unerésistance inattendue qui le força de rappeler ses colonnes à Bréda.

Sur ces entrefaites Macdonald et Mortier, dont la présence sur laMeuse lui imposait une grande circonspection, partirent pour laMarne. Winzingerode, arriva de Dusseldorf à Liège , dès-lors il entrafranchement en campagne.

Maison perdit à Liège son appui sur la Meuse et resserra sa ligned’Anvers à Louvain; puis Winzingerode, se portant à Namur , pourpénétrer par Avesnes en Picardie, il pivota sur sa gauche et replia l’ailedroiteà Valenciennes. Bientôt il survint un troisième corps ennemi (25,000)commandé par le duc de Saxe-Weymar. Le poids de cette nouvellemasse disloqua l’armée : la gauche fut renfermée dans Anvers qui étaitvivement attaqué, la droite et le centre se concentrèrent sous les mursde Lille. Bulow gagna lentement Laon et Lafère , le duc de Weymar,borna ses soins à protéger le siège d’Anvers et à tâcher, en s’emparant deMaubeuge , d’assurer la ligne d’opération de ses deux collègues. Il fit d’a-bord reconnaître cette place, en même temps qu’un détachement marchasur Condé pour observer les mouvemens de Maison. Celui-ci cherchaità renouer la communication avec sa gauche; le corps saxon se heurta,près de Condé, contre une de ses colonnes, fut culbuté et donna l’éveil augénéral en chef qui ajourna ses projets sur Maubeuge pour se jeter à Den-dermonde sur la route que les Français voulaient ouvrir. Lorsqu’il les eutvu reculer devant lui, il revint à l’attaque de la place qu’il convoitait.Après bien des hésitations, ses troupes occupèrent l’enplacement du célè-bre camp de 1793. Les vieilles redoutes alors si long-temps disputées 11’é-taient plus gardées; la ville renfermait à peine 1000 hommes de garnison,commandés par le colonel d’artillerie Schouler. Les Saxons en possessionde hauteurs qui commandent la forteresse crurent en avoir bon marché,ils dressèrent trois batteries et commencèrent un feu roulant. Les canon-niers de la garde nationale ripostèrent bravement à l’ennemi, démontè-„rent ses pièces, fireut sauter ses munitions et l’intimidèrent au pointqu’à la nuit il battit en retraite sur Mons .

Maison mit la circonstance à profit : il déboucha sur Gand , rallia sagauche et inspira des inquiétudes sur Bruxelles . Le duc de Saxe sehâta d’amener ses forces à Alost , et Maison, plus soucieux de ravitailler