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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA REVOLUTION.

chef qui cherchait un passage. Après huit jours d’hésitation, les pon-tons furent jetés près du confluent de l’Ers, et Beresford défila le pre-mier. A peine était-il sur l’autre rive avec i 5,ooo hommes que le pontse rompit; il était perdu si le maréchal eût été en mesure, mais celui-ci n’était occupé que de fortifier les abords de Toulouse où il voulaitlivrer bataille. On répara les ponts, la gauche et le centre de l’arméealliée franchirent le fleuve, et l’aile droite resserra sur l’autre rive lefaubourg de Saint-Cyprien.

Toulouse est bâti sur la rive droite de la Garonne , au sud du con-fluent du canal de Languedoc; un seul faubourg, celui de Saint-Cy-prien, est sur la rive gauche. Le canal a été creusé entre la ville et leplateau de Calvinet , chaîne de collines qui s’élève entre les routes d’Albyet de Caraman et qui encaisse l’Ers, affluent de la Garonne , où il sejette cinq lieues plus au nord.

Le faubourg et la ville sont entourés d’une vieille enceinte; les ponts ducanal, et les hauteurs étaient hérissés de redoutes. La droite ennemieétait séparée du reste de l’armée, le centre survenant par la route deParis , devait se heurter contre le canal; enfin la gauche ne pouvait sedéployer qu’en longeant le pied du coteau de Calvinet . Le maréchalavait conçu l’espoir de profiler de ce dernier mouvement pour rompreles colonnes ennemies en débouchant à propos, soit par la route d’Alby,.soit parcelle de Caraman. Il y avait là des souvenirs d’Austerlitz, mai3l’exécution échoua. Le centre des alliés, abordant de front le canal, futvigoureusement repoussé, ainsi que Soult l’avait prévu. La gauche alors(Beresford) s’étendit le long de l’Ers, cherchant à escalader les hau-teurs; et comme elles lui parurent inexpugnables, elle prolongea samarche en dépassant le route de Caraman dans le dessein de les tourner.C’est ce que l’on attendait. Taupin à la tête de la réserve s’élança par laroute de Caraman pour prendre Beresford en tête et le culbuter dansl’Ers; mais il y eut daus ce moment un court désordre que les Anglais saisirent : Taupin chargea trop tard avec une colonne allongée; il fut tuéet sa troupe ramenée. Beresford gravissant l’escarpement enleva la re-doute extrême qui ne put faire usage de son feu. U pénétra ainsi dans l’in-térieur de la première ligne de défense et la manœuvre même qui devaitl’anéantir fixa de son côté la victoire. Soult changea de front, se repliasur la ville où il soutint jusqu’à la nuit le combat le plus acharné. Lelendemain il battit en retraite par la route de Narbonne où se rendaitSucliet. Quelques jours après les deux armées adhérèrent aux actes du sénat.