CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809 .
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plaçait au contraire dans une situation me-naçante envers l’ennemi. Celui-ci, pour avoirmal à propos étendu sa droite, ne conservaitpas de liaison assez immédiate avec les corpsqu’il avait laissés sur l’Abens. Nous étionsétablis en face de l’intervalle qui séparait lesdeux parties de l’armée autrichienne ; et, parce moyen, nous nous trouvions à portée denous jeter en masse entre ces deux partiespour maintenir leur séparation et les battreen détail. L’ennemi ne pouvait échapper àce malheur, qu’en exécutant en toute hâteune retraite concentrique sur Landshut .Pour l’en empêcher, il ne fallait pas lui donner le temps de se reconnaître. Je me dé-terminai à prendre sur-le-champ l’offensive,en la dirigeant d’abord contre la gauche desennemis. Je lui destinai les premiers coups,parce que je comptais être secondé dansmes opérations contre cette aile par les gre-nadiers d’Oudinot ou le corps de Masséna.Le premier était arrivé, le 19, à Pfeffenhau-sen ; le second devait s’y rendre le lende-main. Ils étaient à même de -menacer lagauche de Hiller et sa ligne de retraite surLandshut .
Je fais aussitôt mes dispositions : Davoustest laissé avec 25 mille hommes près deThann et de Hausen pour contenir la droitede l’ennemi. Avec les eo mille qui me res-taient, je m’avance contre l’archiduc Louis.Comme il m’importe d’empêcher l’archiducCharles de soutenir son frère, Lannes doitse jeter avec les deux autres divisions deDavoust et les cuirassiers de Nansouty surRohr, afin de s’emparer de la route deKelheim à Landshut , et d’intercepter toutecommunication entre les deux ailes.
Après avoir harangué les Bavarois et lesWurtembergeois,je laisse la division Wrèdeau pont de Siegenbourg pour tenir en respect
l’archiduc Louis et l’attaquer ensuite, dèsque le moment en serait venu. Je me jettesur la droite de ce prince avec les Wurtem-bergeois et les deux divisions bavaroises deLefebvre : les premiers par Offenstetten surRohr ; les seconds par Kirchdorf . Lannesdoit seconder et couvrir ce mouvement :arrivé à Rohr, il éclairera Adelshausen etle vallon de la Laber, afin de refouler lessecours que l’archiduc Charles pourraitenvoyer de ce côté et d’assurer la rupturedu centre ennemi.
Pour comble de bonheur, la gauche desAutrichiens se trouvait disséminée : Hiller,avec 22 mille hommes, était en marche deMainbourg à Pfeffenhausen ; l’archiducLouis, avec 10 mille, était en position à Sie-genbourg.; le prince de Reuss , avec 15 mille,à Kirchdorf ; enfin le général Thierry, avec5 mille, à Offenstetten. Ce dernier, trop fai-ble pour résister aux forces supérieures quis’avançaient de tous côtés, se replie surRohr et vient heurter contre les colonnesde Lannes. II est culbuté et mené battantjusqu’à Rottenbourg, où il est recueilli paru mille hommes que Hiller avait amenés entoute hâte de Pfeffenhausen . Cependant cerenfort n’arrive pas à temps pour garnir lesrives et le pont de la Laber, que Lannestraverse impétueusement pêle-mêle avec lesfuyards et les bagages de l’ennemi.
Pendant ce temps, le prince de Reuss etBianchi, attaqués de front par Lefebvre etpris en flanc par les Wurtembergeois, sontobligés de se replier sur Pfeffenhausen .L’archiduc Louis, pressé de frontpar Wrèdeet menacé d’être tourné sur sa droite parles autres colonnes, se met aussi en retraitesur le même point. Mes alliés qui, sous lesdrapeaux français , avaient appris à rivaliserde vigueur et de courage, poursuivent vive-ment l’ennemi jusque là. Cette journée coûtaaux Autrichiens plus de 7 mille hommes.