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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL 1)E CÉSAR, ETC.

Davoust observe l’archiduc.

Davoust n’eut pas de peine à exécuterl’ordre que je lui avais donné de contenirl’archiduc Charles. Ce prince qui, devanttout autre adversaire, eût été un généraldu premier rang, se laissait imposer parl’ascendant que j’avais pris sur lui. Loind’oser rien entreprendre contre Davoust, ilne songeait qu’à se mettre sur la défensive.A cet effet, il refusa sa gauche en ordonnantau comte de Ilohenzoliern de repasser à ladroite de la Gross-Laber à Nieder-Leuern-dorf. La colonne de droite, au contraire,reçut ordre de s’étendre encore plus d’E-glofsheim sur Ratisbonne . Le régiment d’in-fanterie que Davoust avait laissé dans cetteville se trouva cerné à la droite du Danube par cette colonne, et à la gauche du fleuvepar un des corps de Bohême qui vint seporter sur Stadt-am-Hof. Ce régiment mitbas les armes. Il avait pendant vingt-quatreheures occupé 50 mille Autrichiens ; sa tâcheétait remplie. L’autre corps venu de Bohêmese trouvait, on ne sait trop pourquoi, en-gagé dans la direction d’Amberg à Ingol-stadt.

Cette bataille offrit un exemple frappantde la différence des combinaisons dans l’em-ploi des masses. Cent mille Autrichiens desi er , 2 0 , 3 e et 4° corps, se trouvèrent occupéspar 20 mille hommes de Davoust ; tandisque les 25 mille Autrichiens du 5° corpsfurent écrasés par 65 mille Français oualliés.

Malgré le dérangement de ses premierscalculs, l’archiduc Charles crut devoir semaintenir entre le Danube et le Gross-Laber,pour donner à Hiller les moyens de se rallierà sa gauche. Mais comment me soupçonnait-il assez sot pour laisser à son lieutenant leloisir d’achever tranquillement un mouve-ment latéral qu’il nous était si facile d’inter-cepter?

Hiller battu à Landshul.

Le 21, Hiller, voulant éviter le sort quevenait d’essuyer le prince Louis, se repliasur Landshut . Je le suivis avec la divisionWrède, les Wurtembergeois et le corps deLannes : celui d’Oudinot eut ordre de serabattre sur le même point après avoir passél’Iser à Mosbourg, de même que le 4 e corps.J’ordonnai à Lefebvre de descendre laLaber avec les deux autres divisions ba-varoises , celle du général Demont et unebrigade de cuirassiers, pour donner la mainà Davoust et alléger la besogne de ce der-nier.

Les routes étaient obstruées par l’immensebagage des Autrichiens, qui tomba entrenos mains. Hiller essaya de défendre le pas-sage de l'Iser à Landshut , et cela faillit luicoûter cher. Vivement attaqué par la divi-sion Morand en avant de la ville et dans lesfaubourgs, il eût pu être coupé par la divi-sion Claparède, qui arrivait de Mosbourgsur la rive droite de l’Iser; mais ce généralarrêta imprudemment ses troupes, en atten-dant l’arrivée de Masséna, qui était resté desa personne à Mosbourg, pour accélérer lamarche de son corps. Il m’importait de met-tre Hiller hors d’état de déboucher de nou-veau, afin de pouvoir retourner à l’archiduc.J’ordonnai de brusquer l’attaque. Le géné-ral Mouton , dont le courage ne connaîtpoint d’obstacles, força le pont par une desattaques les plus vigoureuses de celteguerre. Les ennemis mis en déroute s’en-,fuirent du côté d’Oeting, où ils passèrentl’Inn le lendemain, en abandonnant 25 ca-nons et près de 10 mille hommes hors decombat.

Davoust inquiète le centre de l'archiduc.

J’avais renforcé Davoust, parce que jecraignais que le prince Charles ne l’attaquâtfranchement, pendant que j’étais occupé