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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.

débouche d’Eckmühl contre le centre deRosenberg avec les Wurtembergeois :Lannes, à la tête de la division Gudin,attaque et déborde la gauche [1]. La droitel’est en même temps par Davoust et unedivision bavaroise. Les autrichiens résistentpendant trois heures à cette lutte inégale.Rosenberg, quoique enveloppé par nos huitdivisions, espérant être soutenu, se dévoueavec un courage digne d’éloges. I! est peude circonstances où les Autrichiens aientsi bien combattu.

L’archiduc, effrayé de cette attaque con-tre sa gauche, renonce à pousser sa droite,et ne songe qu’à couvrir la retraite. Elles’exécute de toutes parts vers les six heuresdu soir, sans que le corps de Masséna, quiformait la queue de ma colonne, pût venirprendre part au combat. Je lance toute macavalerie à la poursuite des fuyards. Lacavalerie ennemie, qui voulait protéger laretraite sur Ratisbonne , en défendantEglofsheim, est renversée à l’entrée de lanuit; la nôtre la mène battant jusqu’àKoffering : elle entraîne l’infanterie dans sadéroute. Les cuirassiers de Nansouty et deSaint-Sulpice chargent ses bataillons ébran-lés et les sabrent : tout prend en désordrele chemin de Ratisbonne . L’archiducCharlesrevient avec la réserve de Jean de Lich-tenstein et en impose assez pour arrêter lapoursuite, qu’un beau clair de lune eûtfavorisée.

Mes troupes venaient en partie de Lands-hut : elles étaient harassées. Je craignis ledésordre de nuit. Si j’avais poussé commeles Prussiens l’ont fait à Waterloo , l’arméeennemie , serrée au Danube , eût été fortembarassée; mais nos succès étaient assez

[i] On doit rappeler que Lannes commandait pro-visoirement deux divisions de Davoust, celles deGudin et de Saint- Hilaire ; Davoust n’avait que

brillants pour ne pas les compromettre lé-gèrement. Quinze drapeaux, un grandnombre de prisonniers et de canons, fu-rent pour nous les trophées de la batailled’Eckmühl, qui coûta au moins dix millehommes aux ennemis.

L’archiduc rentre en Bohême.

L’armée autrichienne , concentrée autourde Ratisbonne , était encore forte de plusde 80 mille combattants, en y comprenantle corps de Bellegarde. Je n’en avais pasautant : cependant le prince Charles n’osarisquer une nouvelle bataille, ayant le Da-nube à dos ; et au lieu d’attirer Bellegarde,il se décida à aller le rejoindre. Pour éviterl’encombrement dans la ville et au seul pontde Ratisbonne , il en fit jeter un de pontonsau-dessous, et le passage s’opéra dans lamatinée du 23, sous le feu de nos batteries.Quelques charges pour entamer ses colon-nes n’eurent pas tout le succès désiré. Unearrière-garde était restée dans Ratisbonne pour couvrir la retraite: je la fis attaquer.Une muraille avec fossé n’était pas suffi-sante pour arrêter l’élan de nos troupes,qui, trouvant une issue, pénétrèrent baïon-nette baissée dans la ville, et prirent unepartie des six bataillons qui y étaientencore. L’ennemi brûla ses ponts, et bar-ricada celui en pierre qui se trouve à Ra-tisbonne .

L’empereur d’Autriche qui s’était renduavec sa cour à Schaerding dans l’espoir departager le triomphe de ses armées et d’êtreplus à portée de négocier avec les princesallemands, fut instruit, le 23 au soir, de ladéfaite de ses troupes, et reprit aussitôt lechemin de la capitale.

celles de Morand et de Friant; Lefebvre le soute-nait avec celles bavaroises de Deroi et du princeroyal.