CH AP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.
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Résumé de ces belles opérations.
Jamais je n’avais remporté de succès plusbrillants, plus décisifs, et je puis dire mieuxmérités. Le combat deThann livré au centrede l’archiduc; la bataille d’Abensberg , quiisola la gauche ; l’affaire de Landshut , quiacheva de la mettre hors de combat; labataille d’Eckmühl livrée de nouveau contreson centre, et enfin le combat de Ratis-bonne, qui acheva de rompre son armée,forment une série d’événements dont l’his-toire n’offre pas d’exemple. J’étais le 12 avrilà Paris : dix jours après j’avais gagné deuxbatailles et décidé la campagne au cœur del’Allemagne . César ne put jamais dire avecautant de raison son fameux veni, vidi,moi.
Je me dirige sur Vienne.
Dès que l’archiduc eut mis le Danube entre nous, il se replia sur Cham, où il arrivale 25 , après avoir été joint par le secondcorps de Bohême. Je n’eus garde de le suivreà la gauche du fleuve : je me contentai delaisser Davoust à Ratisbonne pour l’obser-ver, avec ordre de me suivre aussitôt qu’ilaurait la certitude du départ de l’arméeennemie pour la Bohême , et je dirigeai legros de mon armée sur Vienne par la rivedroite, avec la résolution de passer sur lecorps de Hiller, s’il avait la témérité de medisputer l’entrée de la capitale.
On m’a reproché de n’avoir pas suivi, aucontraire, l’armée alors délabrée de l’archi-duc Charles. J’en fus empêché par plusieursraisons : la première, c’est que la chaîneboisée des montagnes de Bohmervald offraitdes positions défensives très-avantageuses,la seconde, c’est que l’archiduc m’avait écritune lettre qui laissait entrevoir le désir detraiter. En poursuivant Hiller, je pouvaisachever sa ruine, et dicter cette paix dansVienne de manière à la rendre plus avanta-
geuse. En allant, au contraire, heurter contre les montagnes de Bohème, Hiller, réunià l’archiduc Jean et à Chasteler, qui venaientde triompher en Italie et en Tyrol, pouvaitamener 80 mille hommes frais sur le Danube à l’instant où l’archiduc Charles, remis deson étonnement et renforcé des landwehrsde Bohême, me chargerait de front.
Avant de suivre ma marche, il faut reve-nir à Hiller, que nous avons laissé en retraitesurl’Inn. Ce général, ne se voyant pas pour-suivi au delà de cette rivière, jugea bien queje m’étais porté contre la principale arméeet se détermina à faire de son côté une di-version. Le 24 avril, il repassa l’Inn avec les35 mille hommes qui lui restaient et vintfondre à Neumarck sur la division Wrède.Le général bavarois, surpris en quelquesorte, se trouva engagé dans un combatinégal : il eût été perdu sans le dévouementde Molitor, qui le dégagea et assura sa re-traite sur Wilsbibourg. Cette affaire, quinous coûta 1500 hommes, n’eut aucune suite.Dans la nuit du 24 au 25, Hiller reçut lanouvelle des avantages décisifs que j’avaisobtenus sur l’armée principale; il se hâtade repasser l’Inn, et bien lui en prit.
Opérations en Italie . — L’archiduc Jean ramèneEugène sur l’Adige .
Au moment où l’archiduc Charles parais-sait dans les plaines de Ratisbonne , sonfrère l’archiduc Jean descendait des mon-tagnes de Carniole sur le Frioul, à la têtede 50 mille hommes. Eugène couvrait l’Italie avec une armée combinée dont la forcen’excédait pas d’abord 45 mille combattants.Il avait pour le seconder les généraux Gre-nier et Macdonald. Jeune encore et peuexpérimenté, Eugène montra bientôt toutl’aplomb d’un vieux guerrier. Brave, calmeet capable de juger les opérations, il suttoujours s’entourer des conseils d’hommes