Band 
Tome second.
Seite
41
JPEG-Download
 

CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.

41

l’entraîna dans une sanglante échauffourée.

Trois bataillons autrichiens laissés impru-demment en avant du pont furent culbutéset poussés l’épée dans les reins jusqu’auxportes de la ville qu’on leur ferma. Cohornfit enfoncer les portes et pénétra dans lagrande rue. Masséna crut devoir le fairesoutenir, d’abord par le reste de la divisionClaparède, puis par celle de Legrand. On sebattit avec acharnement de rue en rue, demaison en maison.

Claparède venait de s’emparer du châ-teau, lorsque Hiiler lança sur la ville quatrenouvelles colonnes, qui y pénétrèrent baïon-nette croisée. Ce fut une boucherie horrible :le feu prit aux maisons pleines de blessés etde combattants, que l’encombrement desrues empêchait de s’échapper. Jamais laguerre n’offrit de scène plus cruelle. Enfin,las de carnage, les Autrichiens cédèrentEbersberg , et nos troupes débouchèrentcontre les hauteurs, où un combat plusinégal encore s’engagea. L’arrivée de ladivision de cavalerie Durosnel par la rivedroite, et la certitude qu’il allait être dé-bordé et tourné par Lannes, décida cepen-dant Hiiler à se retirer en toute bâte surEnns .

Effectivement, Lannes ayant débouché lemême jour de Lambach sur Steyer, toutecelte boucherie était inutile. J’en témoignaiquelque mécontentement à Masséna; cepen-dant je l’excusai ensuite, en apprenant queHiiler avait tenu si ferme, afin de défendrele pont du Danube qu’il avait derrière lui àMauthausen ; ce qui autorisait à penser quel’archiduc Charles, venant de Budweiss,avait l’intention d’y passer à la rive droitedu fleuve pour se joindre à lui et couvrirVienne. Ce coup de vigueur rendait la choseimpossible, et fit d’autant plus d’honneur auxtroupes françaises, qu’elles étaient en partiecomposées de soldats qui voyaient le feu

pour la première fois. Il coula 6 à 7 millehommes à Hiiler : nous eûmes à regretter4 à 5 mille braves, dont un bon nombre futla proie des flammes.

Projets tardifs de l’archiduc Charles pour couvrirVienne.

L’archiduc Charles, arrivé le i er mai àHorasdiowitz, avait cru être poursuivi partoute mon armée, tandis que Davoust, aprèsen avoir fait la simple démonstration, s’étaitrabattu par Straubing pour me suivre enéchelons dans la vallée du Danube , et queBernadotte même, qui l’avait relevé versRatisbonne , allait suivre la même route.Nous croyant enfoncés dans le cul-de-sacentre Straubing et les montagnes de Bo-hème, l’archiduc avait imaginé que Hiilerdéfendrait assez longtemps l’Inn pour luidonner le temps de marcher par Budweiss.Le conseil aulique s’en flattait comme lui,et engageait l’archiduc Jean à ne pas re-noncer légèrement aux avantages politiquesqu’on pouvait se promettre de ses succèsen Italie , mais au pis aller, et s’il y étaitforcé, de se replier sur l’Autriche intérieure.

L’archiduc Charles, cruellement détrompépar la nouvelle du passage de l’Inn , de laprise de Lintz, du combat d’Ébersberg ,séjourna du 4au7mai à Budweiss. Ce reposparaîtra toujours une énigme dans la vie mi-litaire de ce prince, comme les séjours pluslongs de Schaffouse et de Zurich en 1799.Rien ne le justifiait, que la nécessité de re-poser ses troupes, d’y maintenir l’ordre, ladiscipline et la confiance , par une marchelente et mesurée. De telles considérationstombaient devant la nécessité de couvrirVienne, soit en me prévenant à Krcms, soiten arrivant avant moi dans la capitale. DeBudweiss à Vienne , il y a six marches ;l’archiduc pouvait donc y arriver le 10 et| Hiiler le 9. Le premier se mit enfin en mou-