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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.
habiles, talent qui vaut souvent bien les in-spirations d’un génie supérieur.
Il débuta néanmoins par une faute. Ilvenait de concentrer le gros de ses forcesen avant de Sacile, mais il attendait encorede Vérone une division d’infanterie et laréserve de cavalerie.
L’irruption de l’ennemi avait été subite;la brigade Sahuc, établie en avant-garde àPordenone , avait été surprise et le 55 e régi-ment en partie enlevé.
Eugène, craignant l’effet moral que pro-duirait une retraite sur les esprits flottantsd’une grande partie de l’Italie et sur lestroupes de cette nation, crut devoir pren-dre l'offensive dans l’espoir qn’il n’auraitaffaire qu’au 8 e corps ennemi. Il marcha àlui le 16 avril, et l’attaqua entre Sacile etPordenone , en faisant son effort par ladroite, qui n’était pas la direction stratégi-que convenable. L’ennemi soutenu par laréserve disputa vivement le village de Por-cia. Bientôt le 9 e corps autrichien arrive surle terrain, et l’archiduc Jean le portantcontre notre gauche déborde cette aile etforce Eugène à la retraite, malgré la résis-tance que Broussier oppose à des forcesdoubles. Le défilé de la Livenza dont leseaux étaient enflées met du désordre dansnotre centre et notre droite. Tout s’encom-bre au passage de Brugnera ; heureuse-ment l’ennemi ne pousse pas ses succès, etEugène, renforcé sur la Piave par l’arrivéedes troupes qu’il attendait de Vérone , par-vient à y rallier ses bataillons rompus, etramène l’armée en assez bon ordre surl’Adige , après avoir jeté deux brigades àVenise et à Palmanova . Chasteler, qui abalayé le Tyrol et qui devait agir de concertavec l’archiduc Jean sur l’Adige , s’en vatriompher à Inspruck et perd l’occasion denous prévenir à Rivoli.
L’archiduc, content de ee succès et forcé
de détacher trois divisions pour observerMarmont en Dalmatie , ainsi que les placesde Venise et de Palmanova , vint occuper laposition si connue de Caldiero ; attendant icique des mouvements se prononçassent dansle midi de l’Italie , ou que les succès de sonfrère en Allemagne le missent à même decontinuer ses opérations. Il ne tarda pas àêtre déçu de cet espoir, et la nouvelle desévénements de Ratisbonne vint fort à pro-pos ramener la confiance dans le camp d’Eu-gène et dans les esprits de nos partisans, enmême temps qu’elle réprima les espérancesde nos ennemis.
Je continue ma marche sur Vienne.
La retraite de notre armée d’Italie , loinde m’arrêter, était un motif de plus de pres-j ser mon entreprise sur Vienne. Le 27, jeportai mon quartier-général à Muhldorf .Lefebvre avec les Bavarois se dirigea sur leTyrol, dont l’insurrection, plus sérieuseque nous ne pensions, menaçait de déborderen Bavière et d’inquiéter nos communica-tions. Masséna, Lannes et Bessières. mar-chaient sur Vienne ; Davoust et Vandammeles suivaient en échelons : Bernadotte , avecses Saxons, se dirigea sur Ratisbonne encontournant la Bohême.
Hitler avait abondonné sans combat labarrière de l’Inn ; mais il résolut de défen-dre le passage de la Traun , dans la positionformidable'd’Ebersberg . Un pont en boisde cent toises présentait un obstacle bienplus redoutable que celui de Lodi, puisqu’ilaboutit à une ville fermée, commandée parun château et couronnée par des hauteursd’un accès pénible. Déboucher de là devant30 mille hommes et 80 pièces de canon,n’était pas chose facile. Masséna n’igno-rait point que je comptais faire tourner ceposte inexpugnable par Lambach; maisl’impétueuse valeur du général Cohorn