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Tome second.
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CH AP. XIV. CAMPAGNE I)E 1809.

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ses traces. Aspern et Essling deviennentde nouveau le point de mire de tous sesefforts, et une ligne concave entoure cesdeux villages et la ligne française d’unemasse de feux dont tous les coups portent.Dès lors la bataille n’offre guère de combi-naisons ; c’est une boucherie horrible, maisindispensable pour sauver l’honneur del’armée et la fraction qui reste exposée ; carse retirer en plein jour, par un seul pont,en présence d’un ennemi double en forceset en canons, c’est exposer la moitié aumoins des troupes engagées à une perteinévitable. Les scènes de la veille se renou-vellent dans ces deux villages, pris et repriscinq à six fois par les deux partis avec unacharnement inconcevable. L’ennemi, versmidi, tente enfin de tourner Aspern enpénétrant par un îlot boisé du côté deSladelau ; déjà il a gagné du terrain, etpeut prendre le village à revers et menacerles petits ponts jetés sur le ruisseau. Molitors’y porte avec sa division réduite à 3 millecombattants, et y cueille de nouveauxlauriers que Masséna vient partager. « Tantôt« à pied, tantôt à cheval, on le voit dans le« taillis, dans l’île, dans le village, l’épée à« la main, dirigeant l’attaque et la défense. »L’intrépide Legrand, dont j’aurais pu direavec plus de raison que de Gardanne qu’ilétait grenadier par la taille comme par lecourage, ne déploie pas moins de calme etde fermeté dans Aspern . Dans les entrefai-tes, le prince de Rosenberg a fait aussi at-taquer Essling, et l’archiduc l’a fait soutenirpar une brigade de grenadiers. Cinq fois ily pénètre et cinq fois Boudet, inébranlabledans son réduit, le force à l’abandonner.Enfin à deux heures l’archiduc, rebuté devingt assauts contre les deux bastionsde notre ligne, se décide un peu tard àtenter une attaque décisive sur le centre.Si elle réussit, les troupes culbutées sur les

petits ponts qui nous restent ne sauraientempêcher l’ennemi de les détruire, et lesdivisions compromises dans les villagesseront perdues. Le corps de Hohenzollern s’avance dans ce but, soutenu de 12 bataillonsde grenadiers. Lannes oppose une résis-tance vigoureuse; Hohenzollern abîmé cèdel’honneur et l’attaque aux grenadiers, qui,conduits par l’archiduc en personne, se pré-cipitent sur nos pièces l’arme au bras. Enmême temps, la cavalerie cherche à pé-nétrer entre Essling et le Danube . Cesefforts sont inutiles. L’archiduc, étonné deses pertes et de notre contenance, y re-nonce, et retourne attaquer Essling qu’ilréussit enfin à enlever. Si on le laisse maîtrede ce poste, rien ne saurait l’empêcher d’endéboucher et d’acculer au Danube les débrisdes braves troupes qui se sacrifient avectant de dévouement. Je lance contre lui lefroid et intrépide Mouton (comte de Lobau)à la tête de la brigade des fusiliers de lagarde ; les grenadiers ennemis sont partoutculbutés; un bataillon est enlevé dans legrenier, un autre dans le cimetière. Lafureur de cette attaque, qui surpasse tout,achève de prouver à l’archiduc qu’il nesaurait obtenir plus de trophées contre deshommes décidés à vaincre ou à mourir.Quatre heures approchent; depuis près detrente heures, les troupes n’ont pour ainsidire pas cessé de combattre ; ses réservesont été elles-mêmes abîmées ; il se contentedes succès obtenus, et cette longue et cruelletragédie dégénère en une canonnade encoreassez vive de la part de l’ennemi, et entre-tenue avec une grande infériorité par lesdébris de notre artillerie, qui manque mêmede munitions. Cette canonnade, quoiquemoins inquiétante, ne laisse pas que d’êtremeurtrière : un boulet perdu, lancé d’En-zersdorf, vint briser les deux genoux dumaréchal Lannes, le plus intime de mes