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Tome second.
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CHAP. XTV. CAMPAGNE DE 1809.

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roi qui recevait des renforts, il pensa qu’ils’exposerait à une ruine probable, et qu’ilvalait mieux se rallier à l’archiduc Charlespour sauver la monarchie : si l’événement ajustifié cette retraite, du moins peut-on direqu’elle aurait pu être mieux exécutée.

Bataille de la Piave.

Revenu derrière la Piave, l’archiduc crutpouvoir défendre le passage de ce torrent,qui, comme celui de Tagliamento , roule dansun immense lit, guéable à peu près partout,excepté après de grands orages ou dans lafonte des neiges. Il fit halte derrière cetterivière. Eugène la fit passer à son armée le8 mai : l’opération ne fut pas simultanée;deux avant-gardes passèrent à gué à unelieue l’une de l’autre. Dessaix commandaitcelle de gauche ; il déboucha avec audace etfut vigoureusement chargé par la cavalerieimpérialeaux ordres de Wolfskehl. Eugènen’avait pas son infanterie sous la main; leseaux enflaient de minute en minute par lafonte des neiges ; il fallait jeter des radeauxpour rendre le passage moins hasardé.Wolfskehl se précipite bravement à la tête dea mille chevaux sur les six bataillons de Des-saix, formés en carrés : l’archiduc Jean s’a-vance avec l’infanterie pour le soutenir ; maisses colonnes marchent lentement, et Dessaixoppose à la cavalerie une fermeté inébran-lable. Eugène voit le danger, vole aux trou-pes passées, exhorte les dragons de Sahucet de Pully , et les lance sur l’ennemi. Unemêlée sanglante a lieu ; Wolfskehl est tué,son artillerie enlevée. Nos braves dragons,malgré leur infériorité, culbutent les esca-drons sur l’infanterie de Colloredo qui s’a-vance dans ta plaine, et y mettent le désor-dre. Cet exploit nous fait gagner du temps ;enfin Macdonald débouche avec la divisionLamarque; Grenier suit avec celle d’Abbé .

L’archiduc, qui a perdu le moment favo-ii.

rahle jusqu’au milieu de la journée, veutnous attaquer lorsque Eugène a réuni 38 ba-taillons et 4 mille chevaux : l’aspect de cesforces lui impose. Eugène se décide à dirigerl’attaque par la droite. Grenier l’exécute,soutenu de Macdonald : partout l’ennemiest vigoureusement poussé ; mais le paysentrecoupé de digues, de canaux, ne permetpas de le faire entièrement. L’archiduc veuttenir la nuit derrière un canal ; les dragonsde Grouchy et de Pully terminent à huitheures, par une charge brillante, une jour-née qu’ils ont si bien commencée. L’archiducse replie sur Conegliano , après avoir inuti-lement sacrifié 7 à 8 mille hommes dans uncombat qu’il ne devait pas recevoir, ou qu’ildevait livrer offensivement, avec tous lesavantages que lui donnait sur les nôtres unpassage pénible et successif. Cet événementle dégoûta de tenir derrière le Tagliamento ,et il regagna en toute hâte les Alpes nori-ques par la vallée de Fella.

Kugènc poursuit les Autrichiens.

Le vice-roi, imitant ma marche de 1797 ,détache Macdonald avec deux divisions parla route de Laybach, pourse liera Marmonl ;Sarras suit au centre celle de Predel ; Eu-gène et Grenier à la gauche marchent surMalborghetto et Tarvis.

L’archiduc Jean espérait opérer sa re-traite paisiblement, à la faveur des retran-chements ou des forts dont il a fait couron-ner les passages à Malborghetto, à Tarvis,à Predel, sur les deux routes qui mènentà Villach ; et à Prevald, sur celle de Laybach.U y laisse de petits détachements et se retireà 20 lieues jusqu’à Villach .

Eugène, qui le suit avec mesure, enlève,le 17 mai, le fort de Malborghetto à la suited’un assaut vigoureux, non moins honorablepour les assaillants que pour la petite gar-nison autrichienne , dont la majeure partie

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