CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.
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nau, commandant l’avant-garde ennemie, afixé toute son attention sur Aspern et Ess -ling où la division Legrand et ensuite lesdétachements du général Reynier, qui com-mande l’tle de Lobau, l’ont menacé d’uneattaque. La division légère de Nordmannest la seule troupe qui nous ait disputé leterrain entre Enzersdorf et le Danube ; elleest poussée sur Rutzendorf, d’où le généralOudinot la déloge après un rude combat.Klénau, débordé à gauche par la chuted’Enzersdorf, dispute vainement à Masséna,soutenu par Eugène et Bernadotte , les re-tranchements d’Essling et d’Aspern ; partoutl’ennemi est poussé. Rosenberg, qui a ralliéà lui l’avant-garde de Nordmann, est rejetéun peu tard par Davoust et Oudinot surGlinzendorf .
I.’archiduc perd le moment de nous attaquer.
L’archiduc n’avait sans doute pas comptésur un déploiement aussi impétueux et aussirapide de nos masses, et il était difficileen effet de le prévoir. Jamais chose sem-blable ne s’était vue. Les armées du Rhin ,de Sambre-et-Meuse, du Danube , avaientsurpris des passages au point du jour,combattu toute la journée pour l’établisse-ment des ponts, qui durait ordinairementjusqu’à la nuit suivante, et ce n’était guèrequ’au second jour qu’on avait un pied assurésur la rive opposée : ici une armée formi-dable avec un matériel immense venant deLintz, de Vienne, de Presbourg, de San-Polten , se donne rendez-vous à la Lobau,franchit, malgré la nuit la plus terrible,plusieurs défilés, plusieurs îles, jette sixponts, traverse le Danube de nuit, et setrouve au matin toute prête à recevoir l’en-nemi, s’il ose se présenter. Opération ad-
[i] Il avait encore Rosenberg ; mais il se trouvaitplus à gauche, A deux lieues du corps de bataille.
mirable, qui dut meltre en défaut tous lescalculs fondés sur les données de l’expé-rience, et assura notre succès.
Grâce à cette grande célérité, l’archiduc,au lieu de tomber sur nous dès le matin àportée de nos ponts, fut forcé de recevoirle soir une bataille défensive. Son arméeétait à peu près égale à la nôtre ; mais l’ar-chiduc Jean et le prince de Reuss étantdétachés, près de 40 mille hommes ne pri-rent point part à l’affaire. Le 5, à deuxheures, Kollowrath se trouvant encorederrière le Bisamberg , l’archiduc n’avaitsous la main que Klénau, Bellegarde etHohenzollern avec ses réserves de grena-diers autour de Gerasdorf [i]. Il avait dé-pêché, dans la soirée du 4, un courrier àPresbourg pour appeler à lui l’archiducJean et ses 20 mille hommes ; il lui convenaitde gagner du temps et de remettre uneaffaire générale au lendemain pour la livreravec ses huit corps; car si l’archiduc Jean,engagé dans l’opération qui lui était pres-crite en face de Presbourg , n’arrivait pasdès le 6 au matin, il était présumable qu’ilpourrait du moins entrer en action versdix heures.
Mon armée atteim un peu tard le Russbach .
Quoique nous eussions jeté plusieursponts et mis beaucoup de célérité dans lamarche et le débouché de l’armée, la droiteet le centre n’avaient pas pu atteindreRasdorf avant trois heures du soir [ 2 ]. Nousperdîmes ainsi une occasion favorable debattre la moitié de l’armée de l’archiduc le 5 .Cependant vers six heures du soir, notreligne était bien formée et les réserves enposition, Masséna à gauche entre Breiten-lée et le Danube, Bernadotte en face d’A-
[2] Il paraît que le croisement des corps de Davoustet d’Oudinotfut la cause de ce retard.