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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
certainement le meilleur ; mais il eût exigéun retard d’une heure, pendant laquelleles succès de l’ennemi pouvaient devenirtrop dangereux. Je me décidai pour le se-cond.
Charges de cavalerie et d'artillerie pour gagner dutemps.
Eugène, qui a marché entre Wagram etBaumersdorf, doit venir prendre, par unchangement de direction à gauche, la placeoù Masséna a combattu ; il sera suivi de Mar-mont, des Bavarois. Pour donner le tempsd’exécuter ces dispositions, je fais char-ger la cavalerie de Bessières; elle s’avancefièrement, et exécute d’abord une premièrecharge avec succès: mais Bessières ayanteu son cheval tué, fait une chute violente,sa colonne s’arrête indécise ; Walther enprend le commandement, mais ne connaîtpas le but de sa charge. Cet incident metdu froid dans l’attaque, elle n’obtient pas desuccès; mais elle a suspendu un instant lesprogrès de Kollowrath, qui pourtant re-prend bientôt sa marche. Il devient du plushaut intérêt pour moi de gagner encore assezde temps pour achever le mouvementprescrità mon centre pour venir défendre le terrainque quittait ma gauche : ce soin est confiéau brave Drouot, qui s’avance derrièrenotre cavalerie avec 60 pièces de réserve, etqui se trouve bientôt seul en avant de laligne avec sa redoutable batterie. Il dé-masque ses pièces, se porte en avant avecaudace, et accablant l’ennemi de mitrailleet de boulets, il prélude aux succès descoups que mon centre se prépare à luiporter.
Davoust culbute la gauche.
Dans cet intervalle, Davoust avait reçul’ordre d’attaquer et de déborder la gauchede l’ennemi. Friant et Morand passent à cet
effet leRussbach au-dessous de Glinzendorf ,et débouchent entre Siebenbrun et MargrafNeusiedel. Davoust attaque ce village avecles deux autres divisions ; Qudinot a l’ordrede se borner à contenir Hohenzollern versBaumersdorf. Rosenberg débordé est forcéde figurer un angle droit en arrière ; Da-voust, Friant et Morand cherchent par uncoup vigoureux à enlever la tour de Neu-siedel , sommet du saillant formé par lagauche de l’ennemi. Ici s’engage un combatterrible; les Autrichiens font tout pourempêcher Davoust de déboucher; leurs plusbraves y succombent, l’émigré Nordman,le Hongrois Yeczay viennent mourir sur nosbaïonnettes. Rosenberg réclame des secoursde Hohenzollern, qui lui envoie une partiede son corps.
Au même instant Oudinot, qu’une ardeurguerrière entraîne et qui se voit de tous cô-tés entouré de feux terribles, frémit de soninaction, il se décide à enlever les passagesdu Russbach , à gravir le plateau. Ses pre-mières brigades sont ramenées ; il se met àla tête d’une 3 e et force tout devant lui. Ro-senberg, pressé vivement par Davoust, dé-bordé par Montbrun et Morand, et menacéà revers par Oudinot, prend en désordre lechemin de Bockflies, ne pouvant plus re-joindre Hohenzollern .
Le feu gagnait vivement au delà de Neu-siedel; c’était pour moi le gage de la victoire.Je fais dire aussitôt à Masséna de reprendrel’offensive, et je dispose tout pour frapperle grand coup.
Mon centre se jette en colonne sur les Autrichiens.
A la faveur de ces attaques et du dévoue-ment de nos canonniers, Eugène a terminéson mouvement. Je forme aussitôt une masseredoutable dont Macdonald prend la tête :huit bataillons sont déployés, treize autresse forment en colonnes serrées sur leurs