CH AP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.
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barquait à Flessingue et où 15 mille Anglais se promenaient sur les côtes de Naples , unearmée anglaise sous Wellington, d’abordvictorieuse à Oporto et à Talavera, faillitêtre enveloppée sur le Tage et passer sousles fourches Caudines. Je reçus la nouvellede cetteéchauffourée duranlles négociationsavec l’Autriche ; cela ne changeait rien àmes dispositions : toutefois, je l’avoue, jecraignis un moment que la combinaison dumouvement de Wellington sur Madrid etde Chatam sur Anvers ne portât l’Autriche à continuer la guerre, et cette circonstance,jointe à la démarche de l’empereur Alexan-dre , ne contribuait pas peu à me fairedésirer une conclusion. Je fus bientôt tiréde cette perplexité par la double retraitede Talavera et de Flessingue .
Changement (le ministère.
Le ministère qui avait dirigé ces en-treprises ne pouvait satisfaire l’opinion pu-blique, si exigeante en Angleterre, et ilétait en effet trop divisé pour se soutenir.Canning et Castelreagh s’imputaient réci-proquement les torts de ces expéditions, etleur rivalité fut signalée par un duel quidevait accélérer sa décomposition.
Le 22 septembre, le marquis de Welles-ley, frère de Wellington, succéda à Canningau département des affaires étrangères ; lordLiverpool remplaça Castelreagh à la guerre,lord Chatam dut céder le département del’artillerie à lord Mulgrave, qui fut rem-placé à l’amirauté par Yorck; Perceval eutle premier poste de lord de la trésorerie etde chancelier de l’échiquier.
Séjour à Schonhrun. Tentative d’assassinat.
Pendant que mes négociateurs se dispu-taient les dépouilles de l’Autriche , je con-tinuais à me livrer à Schonbrunn à mestravaux ordinaires. L’Espagne, la Belgique ,
la France , les colonies, étaient à la foisl’objet de ma sollicitude : je me délassais deces occupations par des parades journaliè-res dans la cour du palais, ou par de petitesguerres exécutées par ma garde dans lesplaines de Penzing . Ce genre de délasse-ment faillit m’être funeste; un de ces fa-natiques Teutons, que l’exaltation scolasti-que des universités avait excités contre moi,fend le cercle de généraux qui m’entouraitet se présente à moi. Peu habitué au crime,il hésite, balbutie quelques mots et se re-tire ; puis revient une seconde fois. Rappétonné s’aperçoit, en repoussant le Brutusgermanique, qu’il porte des armes cachéeset le fait arrêter. Livré à une commissionmilitaire, ce visionnaire avoue tout sonprojet, et paie naturellement de la vie unetentative qui avait été si près de réussir. Ilétait Saxon et se nommait Stabs.
L’Autriche se décide à la paix.
La double négociation entamée entre lesplénipotentiaires à Altenbourg , et entreMaret et Bubna, ne pouvait décider l’Au-triche aux sacrifices que j’exigeais. Elles’exagérait ses ressources et mes embarras ;mais la nouvelle de la retraite des Anglais ,le peu d’espoir d’entraîner la Prusse aprèsun tel événement, enfin l’adresse avec la-quelle le duc de Bassano fit instruire l’envoyéautrichien des renforts que j’avais reçus etque j’attendais encore, décida François àplier sous le poids de la nécessité. Bubnaétait parti à la fin de septembre pour porterà l’empereur les propositions sine qua nonque Maret lui avait faites de ma part; ilrevint avec le même prince de Lichtens-tein qui avait signé l’armistice d’Austerlitz.C’était un des plus braves officiers de cava-lerie, un bon citoyen, mais un politiquemédiocre. Au reste, son rôle était pénible;il fallait se soumettre à ce que je demandais.