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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Dispositions prises pour secourir Anvers .

Dans cet intervalle, tout avait changé deface à Anvers ; le roi de Hollande, instruitde l’apparition de l’ennemi, y courut à lahâte à la tête de ses gardes et de 5 millehommes de ses troupes, qui prirent posteaux environs le 12 août ; les généraux com-mandant en Belgique et en Picardie rassem-blèrent également 7 à 8 mille hommes. Laflotte s’était mise à l’abri des forts.

C’était assez pour défendre longtemps laville, mais pas assez pour la délivrer. Monconseil de ministres, mesurant l’étendue dudanger, ne se contenta pas de faire filer surl’Escaut tout ce qu’il y avait d’hommes va-lides dans les dépôts du nord, il ordonna lalevée de 30 mille gardes nationales des dé-partements voisins; cette levée s’étenditjusqu’en Bourgogne. La France réponditavec un noble enthousiasme à cet appel, carle seul département du Nord fit marcher10 mille hommes ; bientôt les bataillons af-fluèrentde toutes parts. Le maréchal Monceyen conduisit une partie; Bernadotte , quiétait parti après la bataille de Wagram , futnommé général en chef de cette armée, etarriva le 16 août au moment de la prise deFlessingue . Six jours après, il avait déjà30 mille hommes à ses ordres, et quoique cestroupes ne fussent pas d’une tenue bien mi-litaire , elles étaient pleines de zèle et d’ar-deur.

Retraite des Anglais .

Après avoir hésité jusqu’au 26 août s’iljetterait ses forces sur la droite de l’Escautpour marcher contre le corps de la placed’Anvers , Chatam , voyant son coup man-qué, reprit la route d’Angle!erre, en laissantle tiers de son armée à Flessingue .

J’avais eu à me plaindre de Bernadotte et fus surpris de sa nomination : je le fisremplacer par Bessières, qui rentra dans

nie de sud Beveland , et entoura celle deWalcheren de batteries, de manière à ôterà l’ennemi l’envie de se représenler.

Le climat humide et marécageux de Wal-cheren engendre des fièvres qui, dans lespluies d’automne, deviennent une véritablepeste; en huit jours, les Anglais eurentprès de 10 mille malades, sans compter ceuxde la flotte qui n’était pas exempte de lacontagion.

Cette obstination à garder un tel postedénotait l’envie de renouveler plus tard l’o-pération si la guerre avec l’Autriche con-tinuait, ou d’entraîner cette puissance à larupture de l’armistice, en lui laissant en-trevoir la possibilité d’une puissante diver-sion trop longtemps promise, et la fermerésolution de ne plus l’abandonner à tousles efforts delà France . Cependant le but futégalement manqué; l’Autriche se décida àla paix, et l’Angleterre, après avoir inutile-ment sacrifié d’excellentes troupes dans leshôpitaux de Flessingue , ordonna l’évacua-tion : mais elle ne manqua pas de recom-mander au préalable la destruction des vas-tes établissements que nous y avions forméspour l’armement des vaisseaux, le portd’Anvers n’étant pas assez profond pourcontenir des vaisseaux de haut bord armés.La destruction de cet arsenal était un mal-heur, mais on s’en consola par la conser-vation bien autrement importante d’Anvers .

Ce mince résultat, qui contrastait avecl’énormité des préparatifs, les plus considé-rables que jamais l’Angleterre eût faits, etqui coûta 8 à 10 mille hommes en pure perte,fournit ample matière aux ennemis d’unministère qui montrait beaucoup de hainecontre moi, beaucoup d’activité pour menuire, beaucoup de soin à étendre l’in-fluence de l’Angleterre, mais peu d’habi-leté dans l’emploi de ses moyens.

Le jour même oû cette expédition dé-