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Tome second.
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CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.

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l’alliance de famille. C’était un propos vaguedont le traité de Presbourg détruisit l’effet.La lettre que l’empereur François m’écrivitaprès la bataille de Znaïm parlait encore del’intérêt que les deux puissances avaient àêtre unies. Leur plus beau temps, disait-il,était celui où elles avaient été étroite-ment alliées. C’en était assez pour meprouver qu’il dépendait de moi de fairealors une grande alliance; mais pour enfaire une solide, on ne doit pas commencerpar détruire et humilier celui dont on veutse faire un ami. J’aurais dû, dès les négo-ciations d’Altenbourg , prendre un grandparti, entrer dans le sens des ouverturesfaites par François, lui proposer l’allianceoffensive et défensive de 1756 , lui laisser sesétats, lui promettre secrètement des in-demnités pour la Galicie , si je tenais à ren-forcer le duché de Varsovie et à recréer unjour la Pologne . On dira que c’eût étéquitter un peu brusquement l’alliance deTilsit pour en contracter une moins avan-tageuse. C’est une erreur. Je pouvais de-meurer sans félonie dans les termes del’alliance de Tilsit avec la Russie , et dansceux de l’alliance de 1756 avec l’Autriche . Ilsuffisait pour cela de renoncer à faire duduché de Varsovie un royaume de Pologne.D’ailleurs le mariage qui eut lieu six moisaprès eût rompu l’alliance de Tilsit, si déjàla cession de la Galicie au duché ne l’avaitaltérée.

Sensation qu'elle produit en Russie .

En effet, les articles secrets du traité deTilsit interdisaient tout agrandissement duduché de Varsovie : lui donner près de deuxmillions d’habitants, c’était, déchirer le pactedans ce qu’il y avait de plus délicat pourla Russie ; c’était annoncer que mon projetn’était pas d’en rester là, mais que je visaisà une restauration de la Pologne . Je me in.

flattai vainement d’amortir le coup en don-nant à la Russie le district de Tarnopol , eten assurant que la Pologne ne serait pointrétablie ; on ne se fia point à ces promesses.Aussi l’empereur Alexandre, en recevant letraité de Vienne, appela-t-il Caulincourt. Illui déclara sans détour qu’il voyait évidem-ment où j’en voulais venir; qu’il ne seraitpoint agresseur, mais que dès ce jour il serésignait à tout ce qui pouvait arriver, et sepréparerait à bien se défendre, s’il était atta-qué. Je pourrais dire pour me justifier quela conduite des Russes durant la campagnem’inspirait d’assez justes méfiances pour nepas compter sur eux. C’est ce que mes pané-gyristes ont répété. Je n’aurai point recoursà de tels moyens pour m’excuser. Les Russes étaient individuellement tous mécontents dela paix de Tilsit, et l’article qui créait un duché de Varsovie n’était pas celui qui leurdéplaisait le moins, puisqu’ils ignoraientl’article secret qui le modifiait, et qu’ils re-doutaient le rétablissement de la Pologne comme la perte de leur propre empire. Ilsétaient peu disposés à se battre contre lesAutrichiens pour provoquer le soulèvementet l’émancipation de la Galicie , puisque c’é-tait travailler contre eux-mêmes. Ainsi toutesles opinions individuelles devaient être peufavorables à cette guerre. Quant au gouver-nement russe, il n’avait qu’un point de vue,celui de rester dans les termes réciproquesde l’alliance de Tilsit. Il devait désirer queses troupes remplaçassent les Polonais dansla Galicie , afin que celle-ci ne s’insurgeât pascomme la grande Pologne , et qu’elle demeu-rât passive jusqu’à la paix, qui devait déciderde son sort... Or la paix pouvait la rendreindépendante, mais non la donnerai) duché.J’avouerai donc tout simplement que je misdans cette affaire plus de grandeur et d’au-dace que d’adresse et de prévoyance. Jevoulais le rétablissement de la Pologne , et

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