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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.

ne crus pas devoir en négliger l’occasion parun ménagement pusillanime envers la Rus-sie. L’Autriche était vaincue, je la tenaisdans mes serres : j’avais vu l’inimitié domi-ner dans ses conseils ; je songeais moins à lagagner par des avantages réciproques qu’àl’attacher soumise à mon char ; la craintefait souvent plus d’amis que les vrais inté-rêts. A la première guerre, l’Autriche seraitforcée de se déclarer pour moi, ou je com-mençais la guerre par aller en huit jours àTienne démantelée, et par morceler défini-tivement la monarchie. La seconde cam-pagne se ferait contre ceux qui voudraients’y opposer et qui n’en auraient pas eu letemps. Si la campagne de 1812 n’avait pas simal tourné, mon projet eût été superbe;personne n’eût songé à lui trouver des dé-fauts. J’avoue cependant, à prendre l’état deschoses tel qu’il était en iso 9 , qu’il était grandet audacieux plus qu’il n’était sage. Ce futpeut-être un malheur pour la Russie , pour laFrance et pour moi que l’empereur Alexan-dre ait décliné la proposition décharger quel-qu’un de ses pouvoirs pour assister à la négo-ciation de Schonbrunn . U eût été difficile defaire admettre la cession de la Galicie au du-ché de Varsovie , en présence d’un ministrerusse qui aurait su que le traité de Tilsit l’in-terdisait. Peut-être cela eût-il menéà de toutautres arrangements qui eussent conservél’allfànce russe dans toute sa force par unpartage des dépouilles autrichiennes, ou quinous eût donné l’Autriche pour alliée en luifaisant de moins dures conditions.

Laissons là les hypothèses et revenons auxfaits. Le traité avait été si peu combiné dansles chances possibles d’une alliance ulté-rieure, que jusqu’au dernier moment ondoutait de sa ratification. Stadion et Metter-nich y étaient également opposés; et je dusprendre après l’avoir ratifié toutes mes me-sures pour rentrer en campagne.

Je fais sauter les remparts de Vienne .

Aussitôt que la ratification par l'Autriche me fut connue (22 octobre), je partis deMunich pour Paris , après avoir donné desordres pour faire détruire les fortificationsde Brunn, deRaab, de Gratz, de Vienne et de Spitz. Comme forteresse et commecapitale, j’avais deux fois apprécié l’embar-ras que Vienne nous eût causé si on l’avaitbien défendue, et les grands avantagesqu’elle m’avait procurés. Dans le nouveausystème où le traité allait jeter l’Autriche ,elle ne pouvait être à moi con amore, ellene pouvait que l’être par la terreur : j’avaisfait miner tous les bastions de la capitaledurant l’armistice; j’en ordonnai l’explo-sion. Cette mesure jeta les habitants deVienne dans le plus morne abattement. Cesbastions formaient des promenades déli-cieuses : ils avaient été jadis la sauve-gardede Vienne ; le plaisir et le point-d’honneurse réunirent pour rendre la perte plus dou-loureuse, plus humiliante. Cette destructionfut plus sensible à l’orgueil viennois que laperte de deux provinces, et elle me fit au-tant d’ennemis en Autriche que deux guerresmalheureuses. Dans la supposition d’unealliance probable, cette mesure était plusimpolitique qu’utile, car deux fois Vienne m’avait été plus avantageuse qu’aux Autri-chiens, alors que la monarchie était pluspuissante. Mais, je le répète, quand jel’ordonnai, rien n’annonçait la possibilitéde cette alliance; les deux appels indirectsauxquels je n’avais donné aucune suite,loin d’en être un indice, auraient plutôt in-disposé le cabinet de Vienne contre moi,et les sentiments du ministère, comme ceuxde l’empereur François, avaient été tropfortement prononcés jusqu’à la fin de sep-tembre pour qu’on pût compter sur un re-tour aussi subit.