CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.
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Kxpédition pour soumettre le Tyrol.
La certitude de la paix m’avait donné lesmoyens de diriger contre le Tyrol des forcessuffisantes pour le soumettre. Le généralDrouet (comte d’Erlon) fut chargé d’y péné-trer avec les Bavarois et une division fran-çaise par le nord et la vallée de l’Inn, tandisqu’Eugène y dirigerait des colonnes de l’ar-mée d’Italie par les vallées de la Drave et parcelles de l’Adige . Les trois divisions misesaux ordres de Baraguey d’Hilliers sont des-tinées à cet effet, et le général Vial mar-chera par Roveredo pour les seconder.
L’approche de sept divisions ne suffit paspour abattre ces fiers montagnards : noscolonnes se concentrent après quelquescombats: Wrède, qui est rentré àlnspruck,atteint le Brenner. Baraguey d’Hilliers està Brixen ; mais les colonnes qui veulent pé-nétrer dans les vallées latérales sont assail-lies par une multitude fanatisée : deux ba-taillons sont enlevés à St-Léonard, nos postessont assaillis à Silian, à Prunecken, à Brixen ,que Baraguey a de la peine à sauver. Il fallutencore appeler la division Durutte de laCarinthie . Cédant enfin à l’évidence, cesbraves gens égarés se soumettent partielle-ment : les chefs, et ceux surtout qui avaientprovoqué les massacres des Bavarois, furentjugés et fusillés. Hofer abandonné guerroyaencore avec quelques centaines d’hommes,et se réfugia enfin dans les rochers; mais,trahi et découvert, il fut arrêté et conduitdans les prisons de Mantoue , où il fut égale-ment condamné à mort. Si le courage devaitêtre une sauve-garde contre une pareilledestinée, certes Hofer y aurait eu des droits :
il périt victimes des lois de la guerre et d’uneimpérieuse nécessité.
Cette expédition, qui ne finit qu’avec lemois de janvier, termina la campagne de i809,si neuve, si extraordinaire et si féconde engrandes leçons. Cette campagne d’Autriche m’avait au reste dévoilé deux grands dangers,et prouvé tout ce que ma position avait d’a-ventureuxau milieu des intérêts, des passionset des ambitions déçues de toute l’Europe . Lefoyer de la résistance n’était pas seulementen Espagne, en Portugal , en Angleterre, enPrusse, en Allemagne, à Rome , en Hol-lande; il avait des ramifications en France .Plusieurs avis me signalaient le méconten-tement et l’ambition de Talleyrand et deFouché : celui-ci avait pris dans le conseil unascendant qui ne fit qu’accroître lorsqu’onme crut embarrassé dans File de Lobau.Il avait même pris sur lui de lever les com-pagnies d’élite de gardes nationales dansplusieurs départements sans attendre l’au-torisation du conseil de l’empire ( composédes ministres et des grands dignitaires sousla présidence de Cambacérès ), disant que sije donnais du lustre à la France, la France devait prouver que ma présence n’était pasnécessaire pour repousser l’ennemi. Véritépatriotique sans doute, mais dont l’expres-sion était tout à fait intempestive, inutile, etaccompagnée d’une mesure illégale et fac-tieuse.
J’ai dit quelques mots des opérations deWellington en Espagne , il est temps de re-tourner dans ces contrées, où la guerren’avait pas été moins fertile en événementsque sur le Danube .