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Tome second.
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CHAP. XV. CAMPAGNE DE 1809 .

resford marcheraient vers Almeida, et deconcert avec le duc del Parque, qui com-mandait autour de Ciudad-Rodrigo , ils oc-cuperaient les Français sur le Douro et àSalamanque .

L’opération était habilement conçue. Ilélait naturel de penser que dans un paysoù nous ne savions jamais ce qui se passaithors de la vue de nos camps, Wellingtontomberait sur nos corps isolés, et paraîtraitvictorieux dans Madrid avant qu’aucune me-sure efficace pût être prise. Le succès de ceplan eût été plus certain, si on l’avait exé-cuté dès la fin de juin ; mais Wellington necommandait pas aux Espagnols , et il fallaitconcerter les mouvements avec deux géné-raux et la junte, ce qui n’était pas l’affaired’un jour.

La discorde ne tarda pas à se mettre en-tre des chefs si différents. Comme il arriveordinairement entre deux armées qui nes’accordent pas, chacun prétendit avoir rai-son. S’il faut en croire les versions espa-gnoles, le plan primitif était de tomber surVictor avant qu’il ne pût joindre Joseph, etWellington, au lieu de brusquer l’opéra-tion, s’arrêta lorsqu’il eut opéré sa jonctionavecCuesta. Ils reprochent aussi au géné-ral anglais d’avoir paralysé le corps de Va-negas en le faisant filer derrière le Tage jusque sur Tolède , au lieu de le diriger parArganda droit à Madrid, ce qui, selon eux,eût empêché Sébastiani de joindre Victor.

Les historiens anglais affirment, au con-traire, que Wellington voulut attaquer aus-sitôt après la jonction, et que Cuesta luiopposa des difficultés. II est constant néan-moins que Victor ayant quitté volontaire-ment l’Alberche à leur approche, afind’aller se réunir à Sébastiani, l’Espagnol ,animé d’une belle ardeur, se mit seul à sapoursuite jusqu’à Torrijos .

La lenteur du général anglais , en cette

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occasion, m’avait donné une faible idée deson talent et de son caractère. Je lui trou-vais de l’aplomb, mais peu de hardiesse : jeme trompais, ou les succès lui en ont donné.

Joseph réunit ses forces pour l’attaquer.

A l’approche de l’armée combinée, unefermentation alarmante, preuve trop cer-taine de la sagesse de l’entreprise, se mani-feste à Madrid . Victor à la tête du i er corpsse replie de Talavera sur Tolède . Le roirappelle Sébastiani d’Aranjliez à Tolède , cequi peut ouvrir à Vanegas le chemin de lacapitale. Joseph en sort avec ses gardes etsa réserve pour réunir ainsi 45 mille hom-mes : Belliard, avec trois bataillons seule-ment, est laissé à la garde de Madrid , aumilieu d’un volcan prêt à éclater; il s’établitdans le Retiro.

L’armée quitte Tolède et s’avance surl’Alberche, laissant 2 mille hommes seule-ment pour surveiller le mouvement deVanegas. Tout l’espoir de Joseph reposesur la réunion des corps de Soult, deMortier et de Ney, auxquels l’ordre estdonné, le 22 juillet, d’arriver à la hâte surPlasencia . De cette opération importantedépend le sort de la campagne. Joseph,aveuglé et contre tous les principes de laguerre, se décide à prendre seul l’offensive,avant de pouvoir compter sur la coopérationdes 50 mille hommes amenés par Soult. Ildevait plutôt se replier obliquement versle nord dans la direction des sources del’Alberche, pour engager l’ennemi à lepoursuivre, et revenir ensuite impétueuse-ment sur lui, dès que les deux arméespourraient entrer en action de concert.Joseph et le maréchal Jourdan, entraînés,dit-on, par Victor, prirent l’absurde ré-solution de marcher à Wellington et del’attaquer. La crainte de découvrir sacapitale en refusant sa gauche put seule