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Tome second.
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CHAP. XV. CAMPAGNE DE 1809.

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vaincus que j’étais seul l’instrument et le ,gage de la victoire. Au surplus, ceux qui ont jsottement comparé cette guerre avec celle jque Louis xiv fit en Espagne de noî à 1709 ,prouvent qu’ils ne savent pas l’histoire. LesFrançais, sous Philippe v , avaient les troisquarts de la population du royaume poureux ; il n’y avait que l’Arragon, la Catalo-gne et Valence prononcés en faveur de lamaison d’Autriche . Si j’avais eu seulementla moitié du parti qui appuya les armes deLouis xiv, mes ennemis et les Anglais au-raient disparu comme un souffle devant mesaigles ; la guerre eût été terminée en deux ;campagnes. Avec un pareil parti, pouvantcompter sur des approvisionnements,n’ayantaucune raison d’occuper militairement cha-que province, nous eussions dirigé tous nosmoyens sur l’armée anglaise et sur le peu detroupes que l’Espagne aurait pu y joindre;nous eussions fait en un mot la guerre mili-tairement : ce que Vendôme et Berwick pu-rent faire fort à leur aise, n’ayant jamais euquesomille Anglo-Autrichiens, et peut-êtreautant d’Espagnols , à combattre, et ayantpour eux près de 8 millions d’Espagnols .

Opérations des Russes en Suède .

Pendant que mes armes triomphaient enEspagne et en Autriche , celles de l’empe-reur Alexandre n’étaient pas restées oisives,et quoique leurs entreprises paraissentétrangères au but de ces commentaires, ellesfurent assez étroitement liées à ma politiquepour que j’en présente un léger aperçu.

La petite armée russe qui était entrée enFinlande enisos, et avait si heureusementsoumis Sweaborg, passa l’année entière àguerroyer avec des chances balancées pourachever la réduction de cette province. Desrenforts l’ayant successivement portée jus-qu’à 40 mille hommes, elle parvint enfin àen expulser les Suédois. Cependant, comme

il fallait en obtenir la cession,en menaçanlla Suède jusque dans sa capitale, et que lachose n’était pas facile par mer à cause desescadres anglaises, les Russes résolurentdefaire le tour du golfe de Bothnie parTornéo.C’était la première fois de nos jours qu’unearmée avait combattu si près du pôle. Laprise d’un corps suédois à Seivvis par lecomte Sehuwalof fut le seul événement re-marquable de cette campagne pénible, glo-rieuse, et signalée par des affaires de postes.Cette marche à travers un pays aride, dé-sert et glacé, fit honneur à la résignationdes troupes russes ; mais on ne pouvait pascompter sur un succès avec ce simple déta-chement. Les Russes profitèrent de l’hiverassez rudedei809 pour envoyer sur le golfegelé deux corps considérables sous les or-dres de Bagration et de Barclay de Tolli. Lepremier s’empara de l’tle d’Aland et menaçaStockholm . Barclay de Tolli marchait enmême temps sur Uméo pour se lier avecSehuwalof. Cette double opération, bienplus extraordinaire encore que le passagede Tornéo et que l’expédition de Pichegru enHollande, offrit le spectacle nouveau d’unearmée entière passant la mer sur la glace,traînant après elle son artillerie, ses ma-gasins et jusqu’au bois pour allumer les feuxde bivouacs, exemple remarquable d’audaceet de dévouement ; car le moindre vent dusud-ouest pouvait faire engloutir ces colon-nes. La consternation se répandit à Stock-holm à la nouvelle de la prise d’Aland , etsa position était d’autant plus critique , queGustave iv avait eu la folie de provoquer lesDanois en les inquiétant en Norwége. La no-blesse suédoise, lasse du jougde ce prince,conjura sa perte, le déclara déchu du trône,et y plaça le duc de Sudermanie , son oncle,qui, partisan reconnu de l’alliance française,pouvait seul sauver la monarchie d’une ruineprobable. Ce prince, couronné sous le nom