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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

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nissent des vins. Elle n’a ni marine mili-taire, ni marine marchande, et peut resterbrouillée un siècle avec l’Angleterre sanss’en ressentir. Je pouvais donc compter surune alliance plus longue, plus durablequ’avec la Russie , qui aurait eu trop à ensouffrir. La France dans ses limites du Rhin peut être l’alliée naturelle de la Russie , maisun empire comme le mien, qui exerçait soninfluence jusqu’au Niémen , ne pouvait êtrel’ami sincère du gouvernement russe . Lacirconstance qui avait rendu le traité deVienne également odieux à la Russie et àl’Autriche était déplorable, car elle me pla-çait au moment du divorce dans la néces-sité de m’allier à une puissance blessée dansdes intérêts plus chers que des rapports defamille.

II aurait fallu pour bien faire qu’en memariant, je pusse signer une alliance étroiteet annuelle, soit avec la Russie , soit avecl’Autriche , suivant les griefs que j’auraiseus contre l’une de ces deux puissances.Ajoutons à ces grandes considérations l’ef-fet que devait produire ce mariage surl’Espagne : la Russie était trop éloignée dela péninsule pour prendre une part active àla guerre; l’Autriche au contraire, en s’al-liant à ma famille, pouvait s’y intéresser.Sous Charles-Quint et dans la guerre de lasuccession de Charles u, l’Autriche avaitjoué un grand rôle dans les affaires d’Es-pagne . Ce motif seul paraissait d’un grandpoids.

Si l’Autriche avait à nous reprocher sespertes, d’un autre côté elle pouvait se flat-ter de trouver dans mon alliance un port as-suré contre la tempête qui l’avait menacéedurant quinze ans. Nous avions pour anté-cédents le traité de 1756, dont nous avonsdéjà souvent parlé ; si des déclamateursl’avaient improuvé au commencement de larévolution, c’est que sous madame de Pom

padour on avait fait une application vicieusedu traité primitif, dont le but était sage etles a van tages positifs. Les inconvénients ima-ginaires qu’on lui avait reprochés n’étaient,d’ailleurs plus à redouter, on ne devait pascraindre que ma politique, comme celle deLouis xv , se traînât lourdement à la suitedu cabinet de Vienne . Les mêmes raisonsqui avaient déterminé le cabinet de Versailles à s’assurer un puissant allié sur le continentpour faire face à la rivalité anglaise exis-taient plus que jamais. Tant de motifs en-traînèrent la majorité de mon conseil, etme décidèrent. Une seule considération mefit hésiter un moment, ce fut l’idée qu’aprèsles liens contractés tout récemment avecl’empereur Alexandre à Erfurth, le brusqueabandon de son amitié ne parût une perfidie.De tels scrupules devaient fléchir devant laraison d’état ; d’ailleurs la cour de St-Pé-tersbourg, en montrant si peu d’empresse-ment , annonçait assez qu’elle se souciaitpeu que je lui donnasse la préférence, eten me conformant à ce désir, je me croyaisà l'abri de tout reproche. Mon union avecune princesse autrichienne fut donc ré-solue.

Les événements ont autorisé à penser quej’avais fait une faute, et que l’alliance russeoffrait plus de chances avantageuses. Il estcertain du moins qu’elle m’eût évité la désas-treuse campagne de 1812 . Mais l’alliance avecl’Autriche n’emportait pas avec elle l’obli-gation d’aller à Moscou ; si la fatalité m’yentraîna, ce fut un malheur dont il seraitinjuste de l’accuser.

Toutefois, il faut en convenir, il m’étaitplus facile de me ral tacher franchement laRussie en renonçant au grand-duché, qu’ilne me l’eût été de satisfaire l’Autriche , puis-qu’il eût fallu l'indemniser de ses pertes auxdépens de mou empire; et, tout bien cal-culé , l’alliance russe me convenait mieux.