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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.
impardonnable la clef importante de toutesles provinces méridionales. Il serait diffi-cile de décider si, même en paraissantquatre jours plus tôt devant Cadix , les ci-toyens et les soldats de la flotte, joints auxdépôts de quelques régiments, n’eussentpas suffi pour nous en interdire l’entréejusqu’à l’arrivée de nouveaux secours : maissi la surprise, la stupeur et le défaut de me-sures défensives peuvent faire présumer lesuccès d’une opération, toutautorise à croireque nous aurions réussi, et on ne sauraitassigner aucune limite aux suites d’un telévénement. Dans cette riche cité résidaientl’âme et la force du gouvernement ; les co-lonnes d’Hercule étaient considérées à cetteépoque comme le palladium de la liberté es-pagnole , et lors même que la régence se fûttransportée à Carthagène, à Alicante ou à laCorogne, elle y eût été moins puissante etplus facile à atteindre par nos baïonnettes.
Joseph, après avoir triomphé à Séville ,retourna à Madrid , et laissa à Souit le com-mandement en chef de l’armée du Sud.Malgré le retard qui avait sauvé Cadix , laconquête de l’Andalousie était une opéra-tion importante sous le rapport politiqueautant que sous le rapport militaire. Séville avait une école d’artillerie célèbre, un ar-senal superbe, des fonderies, des moulinsà poudre. Nous y trouvâmes des approvi-sionnements considérables, et 240 piècesd’artillerie, y compris celles qui garnissaientles retranchements. A ces avantages, l’in-vasion réunit le mérite de I’à propos, carelle eut lieu au moment où l’anarchie com-mençait à s’introduire dans l’administrationdes Espagnols .
Dissension intérieure parmi les Espagnols .
La junte était dissoute, l’administration
remise à une régence provisoire de cinqmembres [1], et on avait convoqué les cor-tés. Déjà les différents partis s’accusaientréciproquement des malheurs de la patrie ;ces germes de discorde pouvaient devenir sé-rieux. Les peuples aiment à s’en prendre àleurs chefs de tout ce qui leur arrive de mal.Sous ce rapport, la junte de Séville étaitplus à plaindre qu’à blâmer; il y avaitmême de l’absurdité à l’accuser des désas-tres de l’Espagne , auxquels elle opposaittoute la fermeté et l’activité possibles dansl’état de désorganisation générale où setrouvait le royaume.
La nouvelle régence ne pouvait tenir letimon des affaires dans des circonstances sigraves, de manière à satisfaire tous les par-tis : déjà on lui reprochait d’éluder la con-vocation des cortès si ardemment désiréepar la masse des Espagnols éclairés, et elleétait à peine installée, que de toutes partson élevait la voix contre elle.
Ces petites révolutions intérieures, aux-quelles sans doute le marquis de Wellesley,ambassadeur d’Angleterre, ne fut pas étran-ger, centralisèrent pour un moment lepouvoir entre des mains entièrement dé-vouées au cabinet de Londres . Les troupesanglaises furent admises à concourir à ladéfense de Cadix , et une division sous legénéral Graham fut destinée à cet objet. LaRomana, chargé de retourner en Estrama-dure, se rangea sans balancer sous lesordres de Wellington : il y eut plus d’u-nité dans la marche des affaires militaires;mais l’Espagne n’en fut pas moins dès lorsun auxiliaire dont le général anglais disposacomme il voulut.
[1] Ces membres étaient : l’évêque d’Orense , legénéral Castanos , l’ex-ministre Saavedra, l’amiralEscano, le conseiller l’Ardizabal.