CHAP. XVI. CAMPAGNE DE 1810.
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Instruit de la réunion prochaine des cor-tès à Cadix , j’autorisai mon frère à sondercette assemblée; il n’eût pas été impossible,en leur parlant au nom des intérêts futursde l’Espagne , de calmer leur effervescence,et en les laissant libres arbitres du choixde leur roi et de leur système politique, delesrapprocher de nous. Peu m’importait quele roi d’Espagne se nommât Joseph ou Fer-dinand, pourvu que l’Espagne et l’Améri-que fussent fermées aux Anglais , et soumi-ses à mon système continental.
Organisation des provinces du nord en divisionsmilitaires.
Je pensai qu’en offrant d’un côté des es-pérances et des moyens de réconciliation, ilfallait encore paraître redoutable, si l’Es-pagne persistait à les repousser. J’ordonnaidonc l’organisation des provinces entre lesPyrénées et l’Ebre en gouvernements mili-taires sous des généraux français ; donnantainsi à entendre que je réunirais ces pro-vinces à mon empire, si bientôt le calme n’é-tait rétabli dans la péninsule : c’était armermes généraux d’une dictature temporairesur les provinces du roi Joseph. Cette me-sure , autorisée par le droit de conquête,pouvait tourner au profit des habitants, enles plaçant à l’abri des vexations partiellesd’une foule de vampires qui suivaient l’ar-mée, et en y rétablissant l’ordre par desmoyens plus efficaces que ceux des employésdu roi ; en un mot, elle devait prouver auxEspagnols que l’intégrité du sol nationalallait dépendre de la résolution qu’ils pren-draient.
Pourquoi craindrais-je de l’avouer? cettemesure devait aussi accoutumer ces provin-ces à notre régime, et faciliter l’exécutiondu projet que j’avais conçu de les échangeravec le temps contre le Portugal si Josephétait finalement reconnu, ou de les agréger».
à l’empire s’il fallait, renoncer au reste del’Espagne . Conformément à ce système,Bonnet fut nommé gouverneur des Astu-ries ; Cafarelli de la Biscaye , Reille de laNavarre , Baraguay-d’Hilliers de la hauteCatalogne, Maurice-Mathieu delà basse Ca-talogne ; l’Arragon resta sous la directionde Suchet, qui y était craint et estimé. Cha-cun de ces généraux commandait dans sonarrondissement à une forte division. Le ma-réchal Bessières commandait l’armée dunord ; ses divisions actives gardaient le paysentre l’Èbre et le Douro .
Ces mesures n’eurent pas au reste le suc-cès que je m’en étais promis. Il aurait falluencore une ou deux campagnes heureusespour qu’elles obtinssent l’effet désiré : ellesfirent jeter les hauts cris aux partisans deJoseph, qui y voyaient une atteinte à l’inté-grité du sol et une censure amère du partiqu’ils avaient embrassé.
Souit consume toute Tannée sans prendre Badajoz .
Soult, investi désormais du commande-ment des trois corps d’armée réunis enAndalousie , aurait dû s’empresser de répa-rer le tort qu’on avait eu de ne pas fondredès le mois d’octobre précédent sur Wel-lington pour entamer son armée, ou réduiredu moins Badajoz avant d’entrer en An-dalousie . La garnison de cette place situéesur la rive gauche de la Guadiana , inquiétaitles derrières de l’armée du midi, et permet-tait aux Espagnols d’attiser le feu de l’in-surrection jusqu’au cœur du royaume. Unetelle base, soutenue de près par le voisinagede l’armée intacte de Wellington, réclamaittoute l’attention de Soult, qui ne pouvaitdemeurer paisible devant Cadix et gardertout le littoral de l’ancienne Bétique, ayantsur ses communications une place d’armesd’où l’ennemi pouvait à chaque instant dé-boucher en forces contre ses troupes,
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