Band 
Tome second.
Seite
132
JPEG-Download
 

132

NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

imposé ; les braves qui s’illustrèrent dans icette lutte ont leurs noms écrits au templede mémoire.

La Romana etBallesteros se distinguèrentpar leur activité et leur persévérance : lepremier, laissant aux corlès convoquées et àla régence le soin de tenir les rênes d’unétat livré à toutes les fureurs de l'anarchie,revint au milieu de îsio à son armée. Biendes gens lui font l’honneur de la créationdu système de résistance que l’Espagne nousopposa ; sans vouloir rien diminuer du mé-rite de cet officier, je pencherais plutôt àl’attribuer à la force des circonstances et àla nature de la guerre nationale qu’on nousfaisait; car les instructions remarquablesque différentes juntes de province donnè-rent à leurs troupes renferment déjà toutle système qui fut mis en vigueur avec tantde succès dans la péninsule.

Quoi qu’il en soit, l’ennemi, agissant sousla protection des places de Gibraltar, Cadix ,Badajoz et Ciudad-Rodrigo , et à l’aide deshabitants du pays, harcelait sans cesse nostroupes sur tous les points où elles laissaientun détachement en prise. Différents corpsd’armée éprouvèrent tour à tour les dange-reux effets de l’activité des partisans, dontle résultat le plus fâcheux était de tenirconstamment les habitants de l’Espagne enalerte, en reparaissant inopinément sur tousles points, et mettant ainsi la populationentière des provinces dans l’obligation deles seconder, de peur d’exposer à toute lavengeance nationale ceux qui ne concour-raient pas avec eux à l’extermination del’ennemi commun.

Pour encourager ces efforts, les Anglais voulurent concerter une attaque contreMalaga avec l’armée de Murcie . Lord Blen-heim vint débarquer le 13 août sur la côted’Alméria ; mais, trompé à l’approche d’unecolonne de Sébastiani qu’il prenait pour les

Espagnols , il fut culbuté et pris lui-mêmeavec 7 à soo hommes. Ses débris eurent dela peine à regagner leurs embarcations.

Opérations dans le Nord.

Dans ces entrefaites, il ne s’était rienpassé de remarquable au nord-ouest. Le8 ° corps, sous Junot, avait repris le posteimportant d’Astorga , que Ney, dans sonmouvement sur Talaveyra, avait abandonnéà l’armée de Galice . Le général Bonnet,gardant les Asturies , était tous les joursaux prises avec les corps que les Espagnols avaient réorganisés en Galice après l’éva-cuation de cette province. Porlier, neveude La Romana, harcelait tour à tour cettedivision des Asturies et celles qui gardaientle royaume de Léon. D’autres partisans in-quiétaient successivement tous les points dela Navarre et de la Castille , qui demeuraienten prise et forçaient les corps d’occupationà une surveillance fatigante.

Le maréchal Ney, revenu de Paris pourprendre le commandement du e" corps aprèsl’affaire de Tamamès, s’établit à Salamanque pour observer les forces de Beresford,bientôt jointes, comme nous venons de ledire, par l’armée entière de Wellington.Reynier, à la tête du 2° corps, avait guerroyécontre la division anglaise de Hil!, et lestroupes de La Romana sur la gauche duTage .

Chances de noire position.

Malgré la présence de cette armée, quidevenait de jour en jour plus menaçante,les brillants succès de Soult et de Suchet,les victoires d’Ocana, de la Sierra-Morena ,de Santa-Maria, jointes à la soumission desprovinces du sud, me confirmèrent dansl’espoir que nous viendrions à bout de l’en-treprise à force de persévérance. Je pensaisbien lasser ainsi la patience des Espagnols ;