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Tome second.
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CHAP. XVI. CAMPAGNE DE 1810.

loi

la difficulté de soumettre cette place sansmoyens maritimes, je pensai néanmoinsque si l’on parvenait à jeter des bombesdans la ville, on réussirait à engager leshabitants à la soumission et la régence à endonner l’exemple. Je fis fondre et expédierdes mortiers d’un nouveau modèle ( à laVillantroys ), qui portaient les bombesjusqu’à 3000 toises. Un convoi de ces mor-tiers avec des bombes et des munitions,parti de Toulon , prit des troupes à Porto-Ferrajo, et fit voile pour Malaga ; d’autresfurent expédiés par terre Je m’en pro-mettais un grand effet : d’ailleurs, en sup-posant tous ces efforts inutiles, nous n’a-vions pas à hésiter ; il fallait bien se décider,soit à conserver un corps d’année qui sepromènerait sans résultat entre le Guadal-quivir et le Tage , soit à faire des établisse-ments durables dans l’Andalousie . Or, lapremière condition de réussite pour de telsétablissements était, sinon de soumettreCadix , du moins de masquer ce débouché,et d’empêcher l’ennemi de sortir de ce bou-levard pour fondre sur nos corps dissémi-nés. Victor eut cette tâche ; Mortier gardaSéville, et observa la route de Badajoz ;l’ancienne division Dessolles occupa Cordoue et Jaen ; enfin Sébastiani eut assez à faire àoccuper Grenade, Malaga , et à surveillerd’un côté Gibraltar et de l’autre les ras-semblements nombreux que les ennemisformaient sur sa gauche dans les royaumesde Murcie et de Valence. Joseph était re-lourné à Madrid avec sa garde.

Ses mesures pour la tranquillité de l’Andalousie .

Soult employa toute l’année îsio à obtenirces différents résultats, et il faut convenirque s’il ne déploya pas son activité d’unemanière plus utile contre les Anglais sur leTage , il racheta sa faute par les soins qu’ildonna à ses établissements de Grenade à

Séville et aux préparatifs contre Cadix . Ilvint un moment où ses espérances furentprès d’être couronnées, et où les Espagnols eux - mêmes regardèrent notre pouvoircomme définitivement consolidé en Anda-lousie .

Soult établi à Séville et Sébastiani à Gre-nade y tenaient une cour somptueuse : placéssur le sol classique de la chevalerie maures-que, ils faisaient tous leurs efforts pourrappeler le beau temps des Abencérages,et détourner par des fêtes ce peuple volup-tueux de l’Andalousie des horreurs de l’in-surrection; mais la séduisante Bétique, sansêtre précisément une Capoue pour notrearmée, paralysait 50 mille hommes à desaccessoires, quand Wellington fondait pai-siblement le système défensif qu’on n’auraitjamais dû lui laisser le temps d’organiser.

Si les quartiers-généraux de ces deuxchefs offraient tous les charmes de la paixet les agréments d’une heureuse conquête ,leurs cantonnements n’étaient pas toujoursaussi paisibles. La nécessité de disséminerles troupes pour opérer la soumission desprovinces et contenir un ennemi dispersésur toute la surface d’un vaste pays, donnaitaux généraux alliés le moyen de tomberfréquemment sur des brigades isolées, et defatiguer nos soldats par une guerre en-nuyeuse et rebutante. La Romana, Balles-teros et Mendizabal aux confins du Portugal et de l’Estramadure , Blacke et Ellio ducôté de Murcie , enfin Lascy et plusieursautres, partis de Cadix pour aller débarquersur la côte vers Moguer , livrèrent une foulede combats partiels, où, d’abord vainqueurscontre de faibles détachements, ils étaientensuite battus et dispersés pour aller se ral-lier sur des points convenus d’avance. Lanomenclature d’une foule de combats aux-quels cette résistance donna lieu n’appar-tient pas au cadre que nous nous sommes