Band 
Tome second.
Seite
134
JPEG-Download
 

134

NAPOLÉON AIT TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

gner les Portugais par de bons traitements.La haine générale était trop violente ; il netarda pas à se repentir d’un excès de con-fiance qui rendit bientôt 4 à 5 mille soldatsà nos ennemis.

Système impassible de Wellington.

Wellington fut témoin de ces deux siègessans bouger, quoique les corps de Ney et deJunot ne comptassent pas plus d“ 36 millehommes, et qu’il en fallût la moitié pour lesiège. Le général anglais s’était divisé, onne sait trop pourquoi : il n’avait que 30 millehommes à Celorico, à la tête de la vallée duMondego ; le général Hill, avec la droiteforte de 15 mille hommes, se trouvait à Por-talègre, sur la gauche du Tage , contre lecorps de Reynier, qu’il eût suffi d’éclairerpar un corps léger de Portugais et celui deLa Romana ; enfin, la réserve de 10 millehommes sous Leith demeurant à Thomar,à 30 lieues de l’armée, et 12 mille Portugaisétaient lancés en partisans sur la frontière. Ilsemble qu’en réunissant tant de moyens etprenant l’initiative, Wellington eût pu aisé-ment troubler nos opérations contre ces pla-ces, sans compromettre le système sur lequelil fondait ses espérances.

Troisième invasion du Portugal .

Masséna, ayant terminé tous les apprêtspour l’invasion, attira à lui le corps de Rey-nier, au milieu de septembre, et se dirigeasur Celorico. L’ennemi n’étant pas en me-sure se replia en descendant la gauche duMondego, où dix affluents fortement encais-sés présentent autant de bonnes lignes dé-fensives. Mais Masséna s’étant dirigé par larive droite sur Viseu, le général anglais passa le Mondego, marcha vivement sur lesmontagnes d’Acobar, où il dirigea en mêmetemps les corps de Hill et de Leith par laroute d’Espinoha. Il espérait ainsi couvrir

Coimbre et la route de Lisbonne , en pre-nant position avec toutes ses forces réuniessur le plateau de Busaco, situé au sommetde cette chaîne, à 300 pieds au-dessus desvallées qui l’entourent. Cette importantejonction s’effectua le 26 septembre, au mo-ment où l’armée française venait d’arriverdevant la position de Busaco. Ney, qui seprésenta le premier, penchait, dit-on, à l’at-taquer, mais se décida à attendre le généralen chef. On assure qu’alors la jonction deHill et de Leith n’était pas achevée, qu’ellene l’était pas même encore lorsque Massénafit sa reconnaissance. Si la chose est vraie,ce délai a été une fatalité déplorable. Quoiqu’il en soit, le héros d’Essling et de Gênes ,accoutumé dans les Alpes et l’Apennin à nepas se laisser effrayer par des rochers d’unaccès difficile, se décida à ordonner l’attaquepour le lendemain,bien que la réunion de tou-tes les forces ennemies fût alors consommée.

Bataille de Busaco.

On ne pouvait arriver aux Anglais quepar deux chemins, celui du couvent de Bu-saco et celui de San-Antonio de Cantaro.Le 6° corps attaqua par le premier en colon-nes profondes et échelonnées ; des escarpe-ments rocailleux ne permettaient pas d’yarriver autrement, et le canon 11e pouvaitpas suivre l’infanterie. Reynier attaqua demême par San-Antonio. Nos troupes gra-virent avec leur impétuosité accoutumée, etsous un feu horrible, ces hauteurs, où l’en-nemi les attendait bien préparé. Après avoirculbuté la première ligne placée sur leversant, elles arrivèrent par brigades sur lesommet, hors d’haleine et déjà un peu dé-cousues à la suite de ce vigoureux effort ;exposées ici au feu concentrique d’unenombreuse artillerie tirant à mitraille, es-suyant des feux de bataillon meurtriers,chargées à leur tour par des troupes fraîches