CHAP. XVI. CAMPAGNE DE 1810.
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et reposées, prises en flanc par une nuée dePortugais , elles redescendirent la montagneavec une perte sensible etsans avoir pu mêmeen faire éprouver à l’ennemi. Le généralSimon est tué et le général Ferrey blessé à latête de la colonne du 6 e corps. L’intrépideFoyet le brave Graindorge, qui conduisent l’at-taque du corps de Reynier, sont blessésgrièvement, sans obtenir plus de succès.Un instant ils se flattent de culbuter ladroite ennemie, quand le corps entier deHill, placé en réserve, vient assaillir leurstroupes décousues, et les refoule au pied dela montagne après un combat meurtrier.Cette boucherie, qui nous coûta 6 à 7 millehommes mis hors de combat, était d’autantplus funeste qu’elle changeait la dispositionmorale des deux armées, et qu’on aurait pul’éviter, soit en poussant plus vivement avantl’arrivée de Hill et de Leith, soit en manœu-vrant pour déloger l’ennemi.
Masséna repoussé tourne !a position.
Quoi qu’il en soit, le mal était fait, la po-sition de Masséna devenait des plus criti-ques ; il ne pouvait ni rester sans vivres aupied de la montagne, ni rétrograder sansdanger en face d’un ennemi qui épiait sesmouvements. Repasser le Mondego pouragir sur la rive gauche était tout aussi im-praticable, puisque Wellington avait la lignedirecte pour nous y prévenir.
Un heureux hasard tira Masséna du mau-vais pas où il venait de se placer. Un paysanindiqua un autre chemin à deux lieuesplus au nord, meilleur que celui qui venaitde coûter si cher, et qui menait à Coimbre par Avelans de Cima et Soardo. On y poussaune reconnaissance qui n’aperçut pas un en-nemi; Wellington avait assigné la défensede ce poste au corps portugais de Trant ;mais, par un malentendu dont la cause estignorée, il n’y était pas arrivé. Masséna prit
ce chemin sans hésiter : ce mouvement deflanc, exécuté en quelque sorte entre l’arméeanglaise et la mer, était audacieux; Wel-lington pouvait descendre des hauteurs deBusaco, et nous assaillir en queue dans cettemarche processionnelle. Satisfait d’une vic-toire passive et sans résultat, il préféra rega-gner son camp retranché, certain que plusnous nous engagerions dans le pays, plus ilnous entamerait sérieusement.
Système dévastateur du général anglais .
L’armée française le suivit par Coimbre .Ici, comme à Viseu, nous ne trouvâmes pasun habitant. Ces deux villes riches et floris-sanlesétaient désertes et abandonnées, ainsique toute la contrée. Leurs malheureuxhabitants fuyaient sous peine de mort parordre des généraux anglais , de la régence dugouvernement et d’un clergé exaspéré. Lesproclamations de Wellington des 2 et 4 aoûtqui ordonnent cette mesure sont un monu-ment historique de cette guerre cruelle.
Appliquant ainsi à une contrée en elle-même déjà montagneuse, difficile et peuabondante en grains, les préceptes donnéspar Lloyd pour la défense de l’Angleterre,Wellington avait transformé tout le pays deCelorico à Lisbonne en un vaste et artificieldésert. Heureusement pour nous que cetordre rigoureux n’avait pu s’exécuter à lalettre; les habitants avaient disparu avecune partie de leurs provisions : mais fautede transports, ils s’étaient contentés d’en-fouir le reste : nos soldats, adroits à les dé-couvrir, en déterrèrent une partie, et cetteressource, quoique insuffisante pour unearmée si considérable, nous mit à même desubsister du moins quelques semaines.
Lignes de Torres-Vedras.
Par une bizarrerie dont on chercheraitvainement un exemple dans les antres guer-