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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Londres à entrer en négociation immédiate-ment pour éviter une catastrophe égalementfatale aux deux pays. Il le sollicitait en con-séquence à apporter au code maritime desmodifications qui seraient un premier pasvers un rapprochement.

Le marquis de Wellesley était alors auministère : M. Labouchère, chargé de traiterces questions importantes, n’en put rienobtenir. Une circonstance bizarre vint tra-verser sa négociation. Fouché, tourmentépar l’esprit d’intrigue qui le dominait, s’étaitmis en tête d’amener l’Angleterre à la paix;et, profitant des rapports que sa police exté-rieure lui permettait d’avoir dans ce pays,il avait pris sur lui d’entamer de son côtédes négociations dont les hases n’étaientpoint d’accord avec les assurances donnéespar Labouchère. Wellesley prit ce prétextepour rejeter des propositions qu’il accusaitd’être insidieuses. Le frère de Wellingtonétait le partisan le plus prononcé de laguerre; il poussait la haine contre moi jus-qu’à vouloir émanciper les catholiques d’Ir-lande pour disposer non-seulement destroupes anglaises nécessaires à la garde decette île, mais encore des milices irlandaiseselles-mêmes. Il espérait ainsi envoyerso millede ces Irlandais à son frère en Espagne , afinde pousser la guerre avec vigueur, et de serattacher à l’opinion religieuse des Espa-gnols , en leur présentant une armée entièrede catholiques sous les drapeaux britanni-ques. Je suis loin de blâmer de tels projetsde la part d’un ministre anglais , je les indi-que seulement comme une preuve qu’entredes hommes qui voulaient le trident ou lesceptre du monde et moi, il y avait peu detraité possible. Il fallait qu’un des deux partissuccombât.

Instruit par les Anglais de l’intrigue deFouché, je lui ôtai son portefeuille pour leremettre à Savari; et, au lieu de lui faire

son procès, je l’envoyai gouverner les étatsromains. Cependant, pour donner au minis-tère anglais le temps de réfléchir, j’essayaiun moyen qui devait servir d’acheminementà la réunion, si le cabinet de St-James de-meurait inflexible. Je conclus avec Louis,au mois de mars, un traité par lequel il mecéda la Zélande , le Brabant hollandais jus-qu’au premier bras de la Meuse , et consentità l’établissement de douanes françaises dansson royaume. Cette condition, si dure poul-ies Hollandais, démontrait assez qu’elle étaitindispensable dans mon intérêt; elle faillitcauser une émeute. La suite de mon ambas-sadeur fut insultée : je résolus d’en finir ;un corps de 20 mille hommes entra en Hol-lande. Mon frère balança s’il imiterait le ré-gent de Portugal , en se retirant à Batavia;les représentations du général Tarayre, quicommandait sa garde, le retinrent : il abdi-qua, et partit pour l’Autriche . Je décrétai,le 9 juillet, la réunion de la Hollande à l’em-pire français : cette réunion ne fut néan-moins consommée que par le sénatus-con-sulte du 13 décembre, lorsque le silence dugouvernement anglais m’eût prouvé que laruine de ses anciens alliés le touchait peu.

Réunion des bouches de l’F.ms, de l’Elbe et du Wéser.

Pour compléter celte grande mesure, jedécrétai de même la réunion du pays d’Ol-denbourg et d’une partie de la Westphalie jusqu’à Lubeck, y compris les villes d’Ham-bourg et de Brèmen. L’objet de celte réu-nion était de mettre un terme au commerceillicite qui se faisait par cette côte de la merdu Nord. Les Anglais s’étaient emparés dela petite île d’Heligoland appartenant auxDanois , et située à quelques lieues des côtesdu Ilolstein. Quoique peu étendue, cetteîle avait été transformée en un immensemagasin, où les caboteurs de la Baltique etde la mer du Nord allaient s’approvisionner